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Découvrez les chroniques vidéos d'Yvan Amar sur les dix mots !

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Proposé par Dis-moi dix mots le 05/10/2016

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Vidéos 10 mots mosaïque 500x330px, © Réseau Canopé - 2016

AVATAR

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L’avatar fait partie du jargon informatique : un très vieux mot qui a été tout d’un coup rajeuni. On parle d’avatars quand on se plonge dans les jeux en ligne, ou lorsqu’on discute sur la Toile. C’est un personnage inventé qui vous représente. Une identité qui n’est pas forcément fausse, mais qui est virtuelle, qui va vous permettre de jouer, de discuter, d’exister dans ce monde de la virtualité.

Cet usage récent est emprunté à l’anglais, mais le mot est ancien. Il nous vient du sanskrit, la langue des grands textes religieux de l’hindouisme. Et le premier sens d’avatar est « descente ». Il s’agit des apparitions sur terre de l’une des divinités principales de cette religion, Vishnou, qui prend des formes différentes de poisson, de tortue, de sanglier, de prince… Il s’agit en effet d’un changement de forme. On peut donc traduire en français le mot « avatar » par incarnation, métamorphose.

On l’utilise au figuré pour parler de cette transformation. Par exemple, la société Dupont fait faillite. Son président fonde la société Durand, qui a à peu près les mêmes activités. On peut dire que la société Durand est un avatar de la société Dupont.

Seulement, le mot ressemble à « aventure ». Et aussi un peu à « avanie », vieux terme qui signifie « vexation », « humiliation ». C’est probablement en raison de ces ressemblances qu’« avatar » a souvent été employé dans un sens particulier : une mésaventure plutôt désagréable. « On m’a volé mes papiers », « j’ai crevé deux fois avant d’arriver… que d’avatars » !

Cet emploi, considéré comme fautif, comme un contresens, est un mauvais usage d’un mot détourné de sa première signification. Mais il est fréquent. Et étonnamment, l’emprunt à l’anglais, qui est tout récent dans le vocabulaire informatique, nous redonne un usage plus proche du sens premier du mot, et cela éclipse plus ou moins cet usage très critiqué.

Dis-moi dix mots - Avatar, par Réseau Canopé - 2016

 

CANULAR

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Drôle de mot que ce canular, qui apparaît dans un éclat de rire au début du XXe siècle, inventé de toutes pièces par des étudiants de l’École normale supérieure qui aimaient faire des farces. « Canuler », dans le français familier de l’époque, signifie « ennuyer ». On bricole donc un faux mot latin, canularium, pour épater ceux qui n’ont pas fait d’études. On prend donc un air savant, on fait entrer les naïfs dans ce canularium, et on leur raconte n’importe quoi !

Abrégé en « canular », le mot est donc né d’un enfantillage et, aujourd’hui encore, il désigne des histoires inventées, abracadabrantes : les martiens ont débarqué dans le Berry, vous avez gagné cent millions d’euros, etc. Plus c’est gros, plus on peut rire de la naïveté de ceux qui y croient.

Le canular informatique n’est pas toujours aussi bon enfant. Les rumeurs qui se propagent en chaîne sur la Toile ont souvent la même invraisemblance et reposent sur le même désir d’être sidéré par l’énormité de ce qu’on fait circuler. Mais les victimes de ces inventions participent à leur succès : plus on est stupéfait, plus on a tendance à colporter l’anecdote, à la partager, à l’amplifier parfois.

On voit la différence avec le canular d’origine, inventé par des plaisantins qui savaient bien qu’il s’agissait d’une farce. Alors que le canular qui fleurit sur la Toile peut davantage échapper à ses inventeurs, vivre sa propre vie, s’enfler et se transformer au fur et à mesure de sa dissémination.

On peut se demander si le terme « canular » est l’équivalent exact du hoax anglais. Presque… mais avec quand même un clin d’œil en plus : le souvenir d’une bonne partie de rigolade !

Dis-moi dix mots - Canular, par Réseau Canopé - 2016

 

ÉMOTICÔNE

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La langue écrite évolue certainement moins vite que la langue parlée, mais elle évolue quand même. Pendant longtemps, on a pensé que l’écrit était réservé à un niveau de langue très correct. Il s’ouvre aujourd’hui à des usages beaucoup moins stricts. On écrit de plus en plus souvent de façon familière, surtout si l’on est pressé, si l’on utilise les nouvelles technologies, les SMS, les courriels. Non seulement on abrège, on utilise des sigles, mais on invente aussi des images expressives : c’est ce que l’on appelle les émoticônes, qu’on appelle parfois smileys, quand on accepte l’anglicisme. Le mot est un peu long, il fait un peu savant, mais il évoque deux idées principales : une émotion, « émot- » ; et une image, « icône ».

En effet, le mot « icône » évoque une représentation. On a pris bien soin de mettre un accent circonflexe sur le « o » pour ne pas avoir l’air d’emprunter le mot à l’anglais. Mais même si les anglicismes font peur, on sait bien que c’est à l’icône informatique, ce petit signe qui apparaît sur un écran d’ordinateur, qu’il faut rattacher ce mot.

L’émoticône est bien différente : il ne s’agit pas d’un bouton qui actionne une fonction lorsqu’on clique dessus, mais d’un signe qu’on va lire. Il indique une réaction émotive, comme son nom l’indique. Cela correspond à un genre de ponctuation. Non pas de celle qui rythme la phrase, lui donne son allure et ses pauses, mais une ponctuation expressive, qui permet de multiplier les émois.

L’émoticône peut servir par exemple de réponse. On peut écrire uniquement une émoticône pour montrer un enthousiasme, une perplexité, un refus, une colère. « Est-ce que tu veux dîner avec moi ce soir ? » Et on envoie un visage avec un sourire et un clin d’œil. On peut aller beaucoup plus loin qu’un simple point d’exclamation, ou que le sourire exprimé par le smiley anglais : un cœur brisé ou un feu vert en disent plus qu’un long discours. Et les invitations sont très compréhensibles : un café fumant, un ballon de rugby, une guitare… On est entre le mot et l’image.

Dis-moi dix mots - Émoticône, par Réseau Canopé - 2016

 

FAVORI, ITE

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Il y a plusieurs façons d’organiser son bureau sur un écran d’ordinateur, et plusieurs façons de nommer les sources d’information qu’on veut retrouver facilement. On parle de signets, de marque-pages, et souvent de favori. Tout dépend de ses habitudes et des outils informatiques qu’on utilise, puisque ces désignations sont également proposées par des navigateurs différents. En tout cas, on voit qu’on peut avoir recours à une image qui évoque l’univers du livre (signet ou marque-page) ou bien une autre qui s’exprime de manière plus affective, le favori.

Ce mot existe en français depuis longtemps, avec d’autres emplois. Il exprime une préférence. Il est moins utilisé que « préféré » dont il a à peu près le même sens littéral. On dira « c’est le film que je préfère » plus volontiers que « c’est mon film favori ».

Mais ce mot a des usages particuliers. Par exemple, dans les courses de chevaux : le favori est celui qu’on donne gagnant. Cela compte quand on parie sur le résultat d’une course !

Mais l’usage du mot a glissé vers le terrain politique. Avant une élection, on parle évidemment du favori. Et quand le résultat semble évident, on parle de « grand favori ». Le mot peut se mettre au féminin s’il s’agit d’une femme.

Mais la forme « favorite » renvoie aussi à une signification particulière. Un roi peut avoir sa favorite. Non pas la reine, mais une autre, à qui il donne ses faveurs – les deux mots « faveur », « favorite » sont de la même famille –, avec qui il a un lien moins officiel qu’avec la reine, et qui peut changer selon son caprice.

Dis-moi dix mots - Favori, par Réseau Canopé - 2016

 

FURETEUR, EUSE

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Parle-t-on souvent de son fureteur quand on cherche un site sur la Toile ? Tout dépend où on se trouve… car ce mot est plutôt employé au Québec, une terre incroyablement fertile où de nouveaux mots français, et de nouveaux sens pour ces mots, poussent tous les jours.

Le fureteur est donc l’équivalent de ce qu’on appelle plus couramment un navigateur, et parfois un explorateur, un arpenteur, ou même un fouineur. Les mots sont nombreux, mais dans ces quelques exemples, on voit bien que les images qu’ils évoquent sont parentes : on cherche en bougeant.

C’est bien l’image du fureteur, ou même l’image du fouineur, deux mots construits à partir de deux animaux dont les réputations sont assez contradictoires, le furet et la fouine. Le furet est ce petit mammifère qui jadis aidait les chasseurs à trouver les lapins. Il mettait ses talents de dénicheur au service de l’homme et faisait sortir le gibier de son terrier. Belle comparaison pour évoquer la situation de celui qui est derrière son écran et qui vient chercher de l’information. Il lui faut un instrument fidèle qui saura la débusquer dans le fouillis de la Toile : non pas vraiment un furet, mais un fureteur !

Mais attention, le verbe « fureter » qui est de la même famille, n’est pas toujours très positif : il fait penser à une curiosité voisine de l’indiscrétion : on regarde à droite, à gauche, on ouvre un tiroir, on fouille dans un sac… En un mot, on met son nez partout, un peu comme le furet. Et l’on se souvient que ce mot, furet, est lié au latin fur, qui signifie « voleur », et aussi à l’adjectif « furtif » qui signifie « sans se faire voir », littéralement, comme un voleur, le fureteur a quelque chose d’un peu ambigu. Il ressemble un peu au fouineur, justement. Mais heureusement, le jargon des ordinateurs n’a retenu que l’aspect le plus positif du fureteur, qui reste un outil dévoué.

Dis-moi dix mots - Fureteur, par Réseau Canopé - 2016

 

HÉBERGER

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La révolution informatique a modifié beaucoup de nos comportements ! A-t-elle fait naître beaucoup de mots nouveaux dans notre vocabulaire ? Pas tant que ça : les techniques nouvelles ont souvent réutilisé des mots existants avec des significations inédites. Et cela se comprend : pour nous orienter dans le monde virtuel, il faut des comparaisons. On donne des formes familières à cette virtualité sans corps. On imagine des espaces, on les aménage.

Ainsi un ensemble d’informations peuvent être reliées, accessibles par la même adresse : on parlera d’un site, c’est-à-dire, mot à mot, d’un lieu. Et pour qu’on puisse y avoir accès, doit prendre sa place dans un serveur qui l’héberge. Ce serveur est donc un dispositif informatique qui offre des services, comme son nom l’indique. Et, notamment, il permet l’hébergement. Il est donc constamment disponible, il s’adapte aux évolutions techniques, il stocke les données informatiques et il héberge le site qu’il accueille, qu’il héberge, puisque c’est le mot qu’on emploie. Ce service est-il gratuit ? Pas toujours ! Et on voit là que la notion d’hébergement informatique s’écarte du sens de départ de ce mot.

Héberger est un verbe ancien, encore tout à fait en usage, qui indique qu’on loge quelqu’un chez soi, en général gratuitement et pour assez peu de temps. Et le mot porte bien cette idée d’un dépannage, d’un service rendu. Mais le nom « hébergement » s’éloigne de cette signification. On dira par exemple qu’une station de sports d’hiver a une grande capacité d’hébergement : des centaines de chambres d’hôtels pour les touristes. Mais elles sont à louer ! Et avec l’auberge, nous avons aussi un mot qui appartient à cette même famille. Jadis, elle proposait un gîte au voyageur. Aujourd’hui, le mot désigne plus un petit restaurant tenu par un aubergiste. Un terme qui n’est pas passé dans la langue informatique car on parle hébergeur informatique mais pas d’aubergiste !

Dis-moi dix mots - Héberger, par Réseau Canopé - 2016

 

NOMADE

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Nomade, un mot à la mode par excellence : festival nomade, arts nomades… On l’entend un peu partout et il évoque tout à la fois la légèreté, la tolérance, l’ouverture d’esprit.

Mais il est un autre secteur où le mot est très présent, c’est celui des technologies nouvelles. L’informatique nomade n’en finit pas de se développer : les connexions étant chaque jour plus plus faciles, on peut avoir accès à ses données un petit peu partout – pour peu qu’on soit bien équipé. Tous ceux qu’on connaît sont à portée de voix ou d’écriture ; toutes les informations sont disponibles et partageables.

Ce nomadisme change ainsi l’idée qu’on se fait de son lieu de travail, et même de son lieu de résidence. Si un matériel permet qu’on se mette en relation avec tous les documents dont on a besoin, cela signifie qu’on est partout chez soi. C’est le nomadisme. Et cette mobilité a une image très positive et séduisante : on voyage léger, on est disponible à tout moment. On peut bâtir sa maison en un clin d’œil.

Alors soyons honnêtes : il ne s’agit pas d’un endroit où l’on peut réellement habiter, manger et dormir, mais d’un lieu d’où l’on peut communiquer !

Et cette liberté vagabonde justifie le terme « nomade ». Un mot ancien, qui d’abord désignait des pasteurs itinérants, des bergers qui allaient avec leurs troupeaux, de pâture en pâture, là où l’herbe était la plus verte. Mais le sens a évolué, pour renvoyer de manière générale à un groupe qui n’a pas d’habitation fixe, qui n’est pas, comme on dit, sédentaire. Comme ceux qu’on appelle encore parfois « les gens du voyage » : une expression qui, comme nomade, est plutôt positive.

Dis-moi dix mots - Nomade, par Réseau Canopé - 2016

 

NUAGE

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Informatique en nuage, infonuagique, nuagique… Les mots compliqués sont nombreux pour désigner en français ce mode d’accès à des ressources informatiques partagées. Il s'agit donc d'une délocalisation de l'infrastructure informatique. Et on parle très communément de « nuage » : un mot qui ne pose de problème à personne. Même si l’idée est apparue d’abord en anglais, l’image prime sur le mot. Et on a pu traduire de façon assez naturelle « cloud » par « nuage  pour désigner cette gigantesque mémoire informatique qu’on peut retrouver n’importe où.

Une belle représentation d’ailleurs : un nuage brille pour tout le monde, presque comme le soleil et évoque bien ce qui flotte au-dessus de nos têtes. Comme le ciel direz-vous ? Oui mais le ciel, c’est si vaste : il n’a ni début ni fin. Alors on pense davantage à un cumulus pour ce nuage, qui est repérable sur un fond de ciel bleu, qu’à une nappe de stratus qui obscurcit la voûte céleste. D’un point de vue météorologique, on peut craindre qu’il n’amène la pluie mais très souvent, sa représentation naïve en fait un genre de soufflé rêveur, floconneux, débonnaire. Il livre un exemple convaincant de la dématérialisation des données informatiques en même temps qu’il nous associe à sa légèreté heureuse.

Le nuage en effet évoque facilement le bonheur : être sur un petit nuage signifie bien qu’on est dans un état d’insouciance idyllique, au-dessus des difficultés du quotidien. C’est beaucoup mieux qu’être simplement dans les nuages, c’est-à-dire être étourdi, oublier les dures réalités, ce qui s’oppose bien sûr à « avoir les pieds sur terre ».

Dis-moi dix mots - Nuage, par Réseau Canopé - 2016

 

PIRATE

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Les pirates ont de beaux jours devant eux ! En tout cas, les domaines où ils s’illustrent ne cessent de s’étendre, au fur et à mesure des avancées de l’informatique. Et dans cette discipline, on entend beaucoup parler d’eux en ce moment. À tel point que le verbe « pirater » s’emploie pour des actions diverses.

Le piratage informatique peut consister à accéder à des données dont l’usage est privé : on casse les codes, on vient à bout des verrous, si on est assez habile pour le faire. Mais on peut également pirater un film, se l’approprier sans payer : le mot en effet s’emploie à propos du téléchargement illégal. Et puis on pirate une adresse électronique quand on en prend le contrôle, qu’on répond à la place de son propriétaire.

Le succès du mot est étonnant. Il y a quelques années, on l’avait déjà utilisé à propos des radios qui émettaient sans autorisation. Et on voit bien qu’il évoque ceux qui défient la loi. Souvent par goût du profit, parfois simplement pour se moquer du pouvoir.

Le mot est étonnant : il s’applique à ceux dont les activités sont clairement répréhensibles, parfois même meurtrières (on peut penser aux pirates de l’air). Et pourtant, il désigne aussi ces malins qui veulent juste prouver qu’ils arrivent à déjouer les protections les plus sophistiquées sans se faire prendre.

Et cette ambiguïté joue aussi pour les pirates de jadis, les écumeurs des mers qui s’emparaient des bateaux : le capitaine à la jambe de bois et à l’anneau dans l’oreille, le marin au turban et au sabre d’abordage… et voilà des pirates plutôt sympathiques, alors que leurs modèles étaient certainement des tueurs sanguinaires.

Dis-moi dix mots - Pirate, par Réseau Canopé - 2016

 

TÉLÉSNOBER

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Tous les progrès techniques importants ont provoqué des changements de mentalité et de comportement : la voiture, le téléphone… Et lorsque les façons de se conduire changent, le savoir-vivre change aussi et doit s’adapter. Une nouvelle politesse fait face à de nouvelles grossièretés ! Avec de nouveaux mots pour critiquer ou se moquer de ces attitudes.

Alors parle-t-on souvent aujourd’hui de ceux qui vous télésnobent ? Pas vraiment parce que le mot en est encore à ces tout débuts. Mais son sens est clair : si quelqu’un vous télésnobe, c’est que, en face de vous, au lieu de vous faire la conversation, d’écouter ce que vous dites, ou même de vous faire un sourire, il garde les yeux rivés à l’écran de son téléphone, en échangeant avec ses amis, en guettant les dernières nouvelles des réseaux sociaux, ou en envoyant des photos narcissiques à ses semblables… Comme on le dit tout aussi familièrement, il ne vous « calcule » pas.

Le mot « télésnober » exprime-t-il tout cela très clairement ? Le préfixe « télé- » n’est pas utilisé dans son premier sens, il n’exprime pas la distance, comme par exemple dans « télétravail » (on travaille loin de son bureau, ou de celui de son chef). Mais attention, il n’abrège pas non plus le mot télévision comme dans « téléfilm », ou « téléachat ». Télé représente simplement le téléphone, même si cet appareil (surtout si on le qualifie d’« intelligent ») sert maintenant à bien d’autres choses qu’à parler à des correspondants lointains.

Donc il s’agit donc de snober votre interlocuteur en lui montrant que vous vous intéressez davantage à d’autres qu’à lui. On l’ignore, on le dédaigne. Depuis les années 1920, c’est bien le sens de ce verbe, snober, qui est apparu bien après l’adjectif « snob ».

Dis-moi dix mots - Télésnober, par Réseau Canopé - 2016

 

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