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Marseille
Marseille, © Camille Moirenc

La Semaine dans les musées

Proposé par Animateur le 12/03/2015

Les musées se mobilisent pour célébrer la Semaine de la langue française en proposant des visites, des animations, des ateliers d'écriture ou des expositions sur les dix mots. Retrouvez des événements partout en France :

Le Château de Versailles organise des ateliers d'écriture et ateliers d'improvisation le 20 mars. Dans la demeure du Roi Soleil, des enfants en cours d'apprentissage du française pourront mêler découverte du patrimoine et projet d'écriture.

A Marseille, le MuCEM participe cette année à la Semaine. Le 20 mars, elle accueillera la Nuit du Slam marseillaise.
Durant toute la Semaine, le MuCEM fait rimer ses collections avec les dix mots de l'opération Dis-moi dix mots: les équipes du MuCEM se sont mobilisées pour fouiller dans la base de données des collections et en extraire dix objets à associer aux dix mots 2015 : amalgame, bravo, cibler, grigri, inuit, kermesse, kitsch, sérendipité, wiki et zénitude. Chaque jour du 14 au 22 mars 2015, retrouvez un membre du personnel du MuCEM vous raconter le choix de son objet associé à l'un des mots.
Au programme par exemple : découvrez l'objet associé au mot amalgame par notre président du MuCEM Jean-François Chougnet, ou encore à quoi correspond la zénitude pour notre chargée des ressources financières, etc...Vous pouvez retrouver l'ensemble du personnel, des objets et des mots sur notre page Facebook ou notre compte Twitter du 14 au 22 mars."

La Semaine au MuCEM du 14 au 22 mars 2015 - slff15

La Semaine au MuCEM du 14 au 22 mars 2015 - slff15, par MuCEM

Rendez-vous sur le site du MuCEM pour plus d'informations. Vous pouvez retrouver l'ensemble du personnel, des objets et des mots sur la page Facebook du MuCEM ou le compte Twitter du 14 au 22 mars.

Le Centre Pompidou organise un concours de nouvelles autour des dix mots, présidé par François Morel. Vous souhaitez participer ? Du 12 mars au 20 avril, envoyez vos créations.

Atelier d'écriture au Musée de Luchon : retrouvez un atelier d'écriture original et surprenant, le 15 mars à 10h.

Le Musée d'art moderne Richard Anacréon de Granville propose des ateliers d'art plastique afin de donner aux écrits autour des 10 mots une dimension artistique. Toutes les informations sur l'événement.

La Semaine dans les musées
Henriette Walter, L'aventure des mots français venus d'ailleurs - Robert Lafont
Henriette Walter, L'aventure des mots français venus d'ailleurs - Robert Lafont, © Robert Lafont

Le saviez-vous ?

Proposé par Animateur le 10/02/2015

Le mot « budget », emprunté à l’anglais à l’époque de la Révolution, avait déjà traversé la Manche quelques siècles plus tôt. Au milieu du XIe siècle, lors de la conquête normande, les Anglais avaient en effet accueilli le mot français « bougette » qui désignait alors une petite bourse

 

D’où vient le verbe « baragouiner » ? Selon une croyance largement répandue, les Français auraient inventé ce drôle de verbe en entendant les Bretons répéter « bara gwin ». Ils ne savaient pas que leurs interlocuteurs demandaient simplement du pain (bara) et du vin (gwin) !

 

Quoi de commun entre les mots « poubelle », « nicotine », « montgolfière » et « silhouette » ? Ils ont tous été empruntés à des noms propres ! Jean Nicot, les frères Montgolfier, le contrôleur des finances Etienne de Silhouette et Eugène Poubelle ont ainsi contribué, malgré eux, à l’enrichissement de la langue française.

 

La « crevette » ne serait-elle qu’une petite chèvre ? D’abord baptisé « chevrette » (du latin « capra ») en ancien français – en raison de ses déplacements par bonds – ce crustacé a emprunté son nom définitif au normanno-picard à partir du XVIe siècle. C’est ainsi que la crevette s’est distinguée de la chevrette…

 

Les mots « chiffre » et « zéro » proviennent d’un seul et même mot emprunté à l’arabe : « sifr ». Latinisé au XIIe siècle par l’Italien Léonard de Pise, « zephirum » est progressivement devenu « zero », forme sous laquelle il a été introduit en français. Or, c’est déjà le mot « sifr » qui nous avait donné « chiffre » par l’intermédiaire du latin !

 

Drôle de destinée que celle du mot « laquais », passé de l’arabe au français par l’intermédiaire du catalan. Car si le « laquais » est une personne servile et sans honneur, ce même terme désignait en arabe un haut fonctionnaire ! Un glissement de sens qui s’explique sans doute par la perte de puissance des chefs arabes en Espagne entre le XIe et le XVe siècle.

 

« Divan » et « douane » ont une seule et même origine. Le mot persan « diwan », qui signifiait « registre », a donné le mot français « douane » au XIIIe siècle. Quant au mot « divan », il date, pour sa part, du XVIe siècle. Entre temps, son sens avait évolué de « salle des registres » à « salle du conseil »… Et que serait une salle du conseil sans un banc garni de coussins où s’installer confortablement ?

 

Le mot « hongrois » n’est pas d’origine hongroise, mais turque ! Lorsqu’ils occupèrent le pays de Magyars, au XVIe siècle, les Turcs découvrirent que leurs ennemis étaient des archers redoutables. Et c’est le mot turc « ogur » (flèche) qui fut accueilli en français pour désigner le peuple « hongrois ».

 

Pourquoi utilise-t-on le mot « gazette » pour désigner un journal, alors que la « gazeta » italienne n’est qu’une « petite pie » ? Au XVIe siècle, les Vénitiens raffolaient d’un périodique regroupant des informations sur la marine marchande et des cancans en tous genres. Pour se la procurer, il leur suffisait de se munir d’une piécette où était représentée… une pie, bien sûr.

 

Au XVIe siècle, les guerres d’Italie fournissent au français de nouveaux mots. Le cri « All’arme ! » (« Aux armes ! ») devient le substantif « alarme », tandis que « All’erta ! » (« Sur la hauteur ! ») se transforme en adjectif « alerte ». Notons que ce dernier signifiait d’abord « vigilant » et non pas « vif ».

 

La paella, un plat typiquement espagnol ? Que nenni ! Le mot avait d’abord été emprunté par le catalan à l’ancien français « paele », plat métallique peu profond. Devenu « paella » en castillan, il a ensuite été rendu au français.

 

Les mercenaires suisses et allemands qui, jusqu’au XVIIe siècle, combattent dans les armées royales, transmettent au français un vocabulaire familier, voire argotique. Ainsi, « trinquer » n’est autre que le verbe « trinken », « boire ».

 

« Tsar », « Kaiser », « César »… Trois mots, mais une seule origine ! En effet, les mots « tsar » et « kaiser » sont tous deux d’anciens emprunts du latin Caesar.

 

Si le mot « flirter » a été récemment emprunté à l’anglais, il a en réalité pour origine le verbe français « fleureter », « conter fleurette », en ancien français !

 

Le mot « catamaran » est d’origine tamoule : « katta » signifie « lien » et « maram » « bois », en référence à cette embarcation originairement composée de deux troncs d’arbre évidés et reliés. Mais d’où vient donc le mot « trimaran » ? Ce sont les occidentaux qui l’ont fabriqué de toute pièce, sans se soucier d’étymologie, lorsqu’ils ont réalisé une embarcation à trois coques au lieu de deux !

 

Tout le monde connaît le « boubou », vêtement africain léger, porté par les hommes comme par les femmes. Mais, en malaké, ce mot désigne en réalité… un singe. Drôle d’origine qui remonte en fait à l’époque où les habitants d’Afrique occidentale se vêtaient de peaux de singe !

 

Curieux paradoxe : les mots utilisés pour désigner les arts martiaux font référence à la sagesse, la délicatesse et la sérénité, plutôt qu’au combat. « Jiu-jitsu » signifie ainsi « art de la souplesse », « judo » « art de la conciliation » et « aïkido » « voie de la paix ».

 

L’ « ananas » a des origines bien lointaines… Ce mot vient d’ « ana-ana », « parfum des parfums » en tupi, langue amérindienne que l’on trouve notamment au Brésil. Un nom qui sied parfaitement, vous l’avouerez, à ce fruit très parfumé. 

 

Source : livre d'Henriette Walter, linguiste, L'Aventure des mots français venus d'ailleurs.​

Le saviez-vous ?
Article thématique Semaine 2015
Article thématique Semaine 2015, © slff15 - presse - article

Le latin et le grec : sources ou ressources ?

Proposé par Animateur le 10/03/2015

Langue « engendrée » par le latin, le français a continué, depuis le Moyen Âge, de puiser dans les deux grandes langues de l’Antiquité pour enrichir son lexique.

Les préfixes mini- (latin) et micro- (grec) sont ainsi empruntés pour exprimer la petitesse (minibus, minijupe, microclimat, micro-ondes…), tandis que maxi- et méga- évoquent la grandeur, multi- et poly- la pluralité, omni- et pan- la totalité.​

Des mots comme « chlorophylle », « mastodonte », « microbe » ou encore « oxygène » ont été inventés de toute pièce, à partir du grec, aux XVIIIe et XIXe siècles !

Plus récemment, le mot « mème », qui désigne un concept massivement repris et décliné sur Internet, a été construit à partir du grec mimesis, « imitation ».

Les grandes langues antiques continuent de nourrir notre lexique et nous offrent même des clés pour exprimer des enjeux contemporains !

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Agnès Desarthe et Fred Pellerin
Agnès Desarthe et Fred Pellerin, © MCC / Hexagramm

Pour une langue inventive et dynamique : Agnès Desarthe et Fred Pellerin

Proposé par Animateur le 10/03/2015

Traductrice, Agnès Desarthe a également publié plusieurs romans pour la jeunesse ainsi que quelques ouvrages et pièces de théâtre destinés aux adultes. Son dernier roman, Une partie de chasse, a obtenu le Goncourt des animaux en 2012.

 

Diplômé en littérature à l’université du Québec, Fred Pellerin est devenu conteur. Il a déjà derrière lui cinq spectacles, présentés plusieurs centaines de fois en France et au Québec, prenant chacun pour héros un illustre personnage de son village. Le dernier en date, « De peigne et de misère », est actuellement en tournée.

 

Découvrez dès à présent ces deux parrains de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2015, défenseurs d’une langue inventive et dynamique !

 

 

Si vous deviez définir votre rapport aux mots d’origine étrangère utilisés en français, vous qualifieriez-vous plutôt de « franco-franglais » (utilisateur invétéré d’anglicismes), de « franco-100% » (cherchant systématiquement des équivalents français), de « franco-cosmopolite » (aimant les rencontres et échanges entre les langues) ?

 

Agnès Desarthe : Je suis « francosmopolite » !

 

Fred Pellerin : Le Québec, avec ses quelques 7 millions de bouches francophones, partage le nord du continent américain avec plus de 300 millions d'anglophones, canadiens et américains. Les anglicismes sont donc sur le pas de la porte en permanence, tout près à venir se loger dans nos vernacularités. Comme on dort avec l'éléphant, et parce que la souris veut rester en vie, il faut maintenir une petite vigueur résistante et jouer le plus possible d'une langue dynamique, inventive, francisante. Le réflexe est à développer, toujours plus, pour nourrir la langue au contact de toutes les autres, voisines ou lointaines, et continuer à couvrir de nos mots un réel qui s'étend.

 

 

Pouvez-vous citer un ou plusieurs mots venus d’ailleurs que vous employez avec plaisir et que vous aimeriez mettre à l’honneur ?

 

A.D. : J'aime utiliser les mots suivants : « bistro » (du russe, signifie « vite »), « clebs » (de l'arabe « kelba », signifie chien), « anorak » (de l'esquimau, signifie « vêtement »). Le terme « schnorrer », pas encore intégré au français, mais dont je propose ici l'intronisation officielle, désigne toute personne qui, par un moyen ou un autre, est toujours prêt à vous soutirer quelque chose (du yiddish « schnorrer », qui signifie « mendiant »).

 

F.P. : « Papparmane » (de l'anglais peppermint) : bonbon à la menthe poivrée très-très répandu et qui porte au Québec une connotation vieillotte, traditionnelle et réconfortante. « Toune » (de l'anglais tunes) : chanson qui ne se prend pas au sérieux. Comme si le genre avait un parent artisanal. « Bécosse » (de l'anglais back-house) : petite construction dans le fond de la cour qui servait autrefois de toilette. Avant l'invention de l'eau courante, ce sont les gens qui couraient.

 

 

A l’inverse, quel mot « envahisseur » ne supportez-vous plus ? Imaginez un équivalent français pour le remplacer!

 

A.D. : « Le mot « power-point », qui ne veut rien dire et qui désigne une réalité que j'aimerais voir abolie. Si le mot cessait d'exister, peut-être arrêterait-on de projeter des images redondantes au discours produit, et qui ne servent qu'à retenir l'attention de personnes soupçonnées de ne pas être capables de se concentrer plus de trois secondes. Pour ma part, c'est l'effet inverse de celui espéré, dès qu'on parle de « power-point », j'arrête d'écouter et je me déconcentre. Il y a aussi « réaliser », quand il signifie « se rendre compte ». C'est un anglicisme sournois et qui a fini par se faire une place dans le dictionnaire français (en 2006, je crois). Je le trouve flou et flottant. Je préférerais que nous importions officiellement le mot « triffle » (qui signifie tant de choses délicieuses). J'aimerais aussi que l'on trouve un équivalent français à « glamour », intraduisible selon moi et plutôt laid en français. 

 

F.P. : Les mots envahisseurs qui me dérangent le plus ne sont souvent même pas des mots, mais des abréviations qu'on s'invente pour jouer d'économie dans les textos. Les LOL et OMG, par exemple, sont devenus des classiques que plusieurs finissent par utiliser sans même en connaître l'expression de départ. Réduire, réduire... Si ça sert souvent dans la vitesse, ça finit par nuire dans la richesse.

 

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Yacine Ait Kaci et Juliette
Yacine Ait Kaci et Juliette , © MCC / Hexagramm

Juliette et YAK, « franco-cosmopolites » et parrains de la Semaine

Proposé par Animateur le 10/03/2015

Voici deux artistes aussi différents que passionnants.​

Chanteuse émouvante et drôle, Juliette a été récompensée par plusieurs prix prestigieux, dont les Victoires de la musique 2006 dans la catégorie « Artiste interprète féminine ». Elle s’est également essayée à la lecture et l’écriture de textes littéraires.

Yacine Ait Kaci est à la fois auteur, dessinateur de presse et réalisateur. Son petit personnage, Elyx, rencontre un succès incontestable sur le web.

 

 

Si vous deviez définir votre rapport aux mots d’origine étrangère utilisés en français, vous qualifieriez-vous plutôt de « franco-franglais » (utilisateur invétéré d’anglicismes), de « franco-100% » (cherchant systématiquement des équivalents français), de « franco-cosmopolite » (aimant les rencontres et échanges entre les langues) ?

 

Juliette : Franco-cosmopolite sans aucune hésitation. Quand la langue s’enrichit, c’est toute la pensée qui peut faire de même. Qu’on use de mots « franglais » (ainsi que d’acronymes exaspérants !) est inévitable dans un monde informatisé et globalisé. Le problème n’est pas dans l’emploi ou non de mots étrangers, il est plus aujourd’hui dans l’appauvrissement et le mésusage de la syntaxe. C’est surtout la grammaire qu’il faut défendre !

​​

YAK : Je serais plutôt un franco-cosmopolite : le français est une langue vivante et s’enrichit des apports du quotidien tout autant que des termes universels liés aux technologies de l’information. En revanche, à travers mon travail, en particulier Elyx, je tente de créer par le dessin un langage totalement non verbal et le plus universel possible.

 

 

Pouvez-vous citer un ou plusieurs mots venus d’ailleurs que vous employez avec plaisir et que vous aimeriez mettre à l’honneur ?

 

Juliette : Le mot « bug » qui désigne en anglais un petit insecte et, dans son sens moderne une erreur qui fait planter un programme informatique. Sa francisation donne un « bogue » qui évoque les sous-bois en automne et l’odeur des marrons chauds dans les rues de Paris, auquel je préfère le « beugue » qui, à l’écrit tout au moins, ressemble à une onomatopée de bande dessinée et rend visuellement bien le côté dégueulasse de la chose !

 

YAK : « Kiff / Kiffer » : originaire de la langue arable, voilà un mot très expressif pour exprimer la joie et le plaisir, le seul sifflement entre les dents de la terminaison du mot est déjà l’illustration de son sens« Cool » : venu de l’anglais, voici un mot quasi indispensable à toute bonne journée, signifiant tout autant une attitude, détendue, une forme de compliment ou une marque de contentement.

 

 

A l’inverse, quel mot « envahisseur » ne supportez-vous plus ? Imaginez un équivalent français pour le remplacer!

 

Juliette : « Vintage ». Un mot qui s’adapte à plein de domaines dans sa langue d’origine, et qui s’est appauvri en traversant la Manche (et l’Atlantique !) puisque de « classique », « grand cru », « grand style » on est passé à une évocation stylisée, mythifiée et hélas souvent médiocre des années d’après-guerre. On vieillit cruellement quand on s’aperçoit que « vintage » s’applique désormais aux années 70...

 

YAK : Je ne considère pas ​qu’un mot puisse être « envahisseur ». En général lorsqu’on tente de franciser des mots qui se sont imposés naturellement dans la langue usuelle, cela aboutit à des formes de traductions que personne n’emploie naturellement. C’est particulièrement le cas avec tous les mots issus des technologies de l’information comme le « clavardage » pour le « chat » ou « Gestionnaire de communauté » pour « Community Manager », même si parfois cela génère des mariages plutôt surprenants, comme avec le terme « la data ».

 

 

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Alex Vizorek et Daniel Picouly
Alex Vizorek et Daniel Picouly, © MCC / Hexagramm

L’humour au service de la langue : Daniel Picouly et Alex Vizorek

Proposé par Animateur le 10/03/2015

Écrivain, scénariste de bandes dessinées et animateur de télévision, Daniel Picouly a publié puis interprété au théâtre un texte autobiographique, La faute d’orthographe est ma langue maternelle, en 2012.

Quant à Alex Vizorek, il régale les auditeurs de France Inter avec son billet de 6h55 ainsi que son émission « Si tu écoutes, j’annule tout ». Il joue actuellement son spectacle « Alex Vizorek est une œuvre d’art » au Théâtre Hebertot à Paris. Tous deux font partie des dix parrains de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2015.​

 

 

Si vous deviez définir votre rapport aux mots d’origine étrangère utilisés en français, vous qualifieriez-vous plutôt de « franco-franglais » (utilisateur invétéré d’anglicismes), de « franco-100% » (cherchant systématiquement des équivalents français), de « franco-cosmopolite » (aimant les rencontres et échanges entre les langues) ?

 

Alex Vizorek : Franco-cosmopolite. Comme me disait mon professeur de français : « il n’y a pas de synonyme parfait ». Il sous-entendait que la sonorité de deux mots qui veulent dire la même chose implique déjà un choix littéraire. Donc, je préfère parfois utiliser le mot français ou son anglicisme en fonction de l’effet voulu.

 

Daniel Picouly : Étrange comme le mot « étranger » sonne aujourd’hui et comment « origine étrangère » rime avec frontière. « Franco » en est une. Il sépare plus qu’il ne réunit. Pour en revenir au franco-quelque chose, je ne me reconnais dans aucune. Les premiers m’horripilent, les deuxièmes m’épatent. Quant à être franco, je serais plutôt franco de port : je ne fais payer à personne le port de ma langue.​

 

 

Pouvez-vous citer un ou plusieurs mots venus d’ailleurs que vous employez avec plaisir et que vous aimeriez mettre à l’honneur ?

 

A.V. : J’aime beaucoup le mot « overbooking », je pense qu’il est redoutablement efficace. De même « marketing » me semble inutile à traduire. Pareil pour « tweeter », je ne me vois pas écrire « gazouiller » ?!

 

D.P. : Je vais d’abord relire L’aventure des mots venus d’ailleurs d’Henriette Walter pour les repérer. Mais, la plus haute distinction que peut recevoir un mot « venu d’ailleurs », c’est la surprise qu’il provoque quand on découvre son origine alors qu’on le croyait « d’ici » depuis toujours.​

 

 

A l’inverse, quel mot « envahisseur » ne supportez-vous plus ? Imaginez un équivalent français pour le remplacer!

 

A.V. : En toute honnêteté, je n’ai pas d’allergies à des mots. En revanche je n’aime pas les faux amis, par exemple « inconsistent » qui en anglais veut dire « incohérent ». Il induit donc facilement en erreur l’auteur qui voudrait dire « non consistant ». Et un propos sans consistance, n’est pas, de facto, un propos incohérent.

 

D.P. : Les mots qui ont le petit doigt raide comme dans « Les envahisseurs », cette série télévisée américaine de science-fiction de ma jeunesse. Ce petit doigt raide était le signe distinctif pour le héros David Vincent, sorte de défenseur de pureté de la langue qui s’ignore. Je ne rechercherais pas à les remplacer car chaque épisode de ce feuilleton faisait la démonstration rassurante qu’ils… s’autodétruisaient.​

 

 

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Carole Martinez et David Foenkinos
Carole Martinez et David Foenkinos, © MCC / Hexagramm

« Azur », « come back » : les mots de David Foenkinos et Carole Martinez

Proposé par Animateur le 10/03/2015

Tous deux écrivains, David Foenkinos et Carole Martinez ont accepté de faire partie des dix parrains de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2015. Ils ont chacun été récompensés par un Prix Goncourt des Lycéens, le premier en 2014 pour Charlotte, la seconde en 2011 pour Du Domaine des murmures. Ils nous livrent leurs impressions sur les « mots français venus d’ailleurs »…​

 

 

Si vous deviez définir votre rapport aux mots d’origine étrangère utilisés en français, vous qualifieriez-vous plutôt de « franco-franglais » (utilisateur invétéré d’anglicismes), de « franco-100% » (cherchant systématiquement des équivalents français), de « franco-cosmopolite » (aimant les rencontres et échanges entre les langues) ?

 

David Foenkinos : Je suis forcément un défenseur de la langue française, de sa beauté littéraire. Je vais plutôt privilégier le français, sans pour autant être fermé à toutes les évolutions. J’aime qu’une langue vive, y compris à travers l’influence d’autres langues.

 

Carole Martinez : Je ne me reconnais dans aucune de vos catégories. Je ne cherche jamais à inventer d’équivalent français à un mot étranger. Je l’utilise s’il est celui que la majorité des gens utilisent. Je prends ce qui vient, sans me compliquer la vie. Mais je ne cherche pas non plus à me différencier en truffant mes phrases de mots anglais. Ça me paraît snob et excluant. Est-ce parce que j’ai tellement de mal à retenir de nouveaux mots que je n’en ramène aucun dans mes bagages quand je reviens d’ailleurs ? C’est affreux, mais je tourne autour des mêmes, de vieux mots que j’ai appris il y a longtemps sans doute.

 

 

Pouvez-vous citer un ou plusieurs mots venus d’ailleurs que vous employez avec plaisir et que vous aimeriez mettre à l’honneur ?

 

D.F. : J’aime bien l’expression « come back » car elle sonne comme un retour tonitruant. On sent vraiment que la personne revient de loin.

 

C.M. : « Azur », « zenith » et « nadir » : voilà mes mots préférés. Ils sont pour moi comme des tapis volants. Beaux, nobles, poétiques et mystérieux. J’aime aussi « crash ». On entend la brutalité du choc suivi du froissement de la tôle. Ce mot si court contient l’accident. Et « spleen », car c’est un mot suspendu, qui ralentit terriblement le temps. Et puis, Baudelaire l’a forgé.

 

 

A l’inverse, quel mot « envahisseur » ne supportez-vous plus ? Imaginez un équivalent français pour le remplacer!

 

D.F. : Je ne pourrais pas dire que je ne le supporte plus, mais je trouve l’expression « has been » trop déprimante. C’est déjà difficile d’être un ringard, alors il faudrait la rendre plus positive. Je propose : « mémostar ».

 

C.M. : Je déteste le mot « business », que je ne sais ni écrire, ni prononcer, et qui est insensé. Il fait partie de ces mots qui peuvent me rendre l’autre moins sympathique. J’aime le nom commun « kif », dans le sens d’une matière (quoique le mot soit un peu dur pour une drogue « douce »), mais je déteste le verbe « kiffer », il me semble réduire terriblement le sens du verbe « aimer ». Sa sonorité est trop brutale et le mot est tellement à la mode, prononcé à toutes les sauces, qu'il me parait vain… Une question de génération, sans doute.

 

 

 

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Denis Podalydès
Denis Podalydès, © MCC / Hexagramm

Denis Podalydès, « grand témoin » de la Semaine

Proposé par Animateur le 10/03/2015

Denis Podalydès a accepté de faire partie des « grands témoins » de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2015. Comédien, metteur en scène, écrivain, il est sociétaire de la Comédie française depuis 2000. Il a été récompensé par plusieurs Molières, notamment pour sa mise en scène de Cyrano de Bergerac en 2007.

 

 

Si vous deviez définir votre rapport aux mots d’origine étrangère utilisés en français, vous qualifieriez-vous plutôt de « franco-franglais » (utilisateur invétéré d’anglicismes), de « franco-100% » (cherchant systématiquement des équivalents français), de « franco-cosmopolite » (aimant les rencontres et échanges entre les langues) ?

 

J’aime la précision dans la langue et aucun mot, dès lors qu’il me semble employé dans un sens précis, ne me paraît a priori indigne de figurer dans une phrase, que ce mot soit anglais, allemand, arabe, italien, etc. Pour ma part, je cherche naturellement à remplacer les mots trop rebattus par des équivalents plus précis, plus simples, plus réfléchis. Quantité de mots anglais entrent dans cette catégorie de clichés, sans parler des mots du langage des affaires (« management »), ou du commerce, ou du sport (« coach » pour entraîneur, qui m’agace particulièrement), et je perds parfois pied. Mais je me rangerais plutôt dans votre catégorie « franco-cosmopolite », car je n’ai aucune religion de la langue franco-française, tant je sais qu’elle s’enrichit de l’apport de toutes les autres langues. La posture de la lamentation ou du déclin me semble toujours la posture la plus fâcheuse.

 

 

Pouvez-vous citer un ou plusieurs mots venus d’ailleurs que vous employez avec plaisir et que vous aimeriez mettre à l’honneur ?

 

Je sèche… Je me rends compte que mon langage est loin d’être fixe; il évolue, change selon mes interlocuteurs. Pour moi, tout dépend de la situation de langage dans laquelle nous sommes. L’humour, par exemple, la convivialité, nous font parfois employer des mots et des expressions que par ailleurs nous réprouvons. Alors, selon le rapport entretenu avec la personne, je peux me mettre à apprécier un mot que je n’aimerais pas dans un autre contexte.

 

 

A l’inverse, quel mot « envahisseur » ne supportez-vous plus ? Imaginez un équivalent français pour le remplacer!

 

Tous les mots dont l’équivalent est très clair, comme « entraîneur » pour « coach », etc. Les exemples me manquent, alors qu’il y en a des quantités. Dire « habiter ou rentrer sur Paris » au lieu de rentrer ou habiter à Paris. Ajouter systématiquement « quoi », ou « je veux dire », ou (les sportifs) « comme je dis », dire « derrière » au lieu d’« après ». J’inclinerais à être plus sévère avec les expressions ou formulations de ce genre qu’avec des mots venus d’autres langues.

 

 

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Article thématique Semaine 2015
Article thématique Semaine 2015, © slff15 - presse - article

D’où viennent les mots récemment entrés dans le dictionnaire ?

Proposé par Animateur le 10/03/2015

Chaque année, des centaines de nouveaux mots viennent étoffer nos dictionnaires. Ils reflètent l’adaptation créative de notre langue à l’évolution de notre environnement.

 

C’est aux lexicographes qu’incombe la tâche de repérer ces nouvelles manières de dire le monde qui nous entoure. Les mots sélectionnés par les comités de rédaction des dictionnaires doivent avoir un usage reconnu et circuler incontestablement au sein de la société.

 

En 2015, près de 150 mots ont fait leur apparition dans les dictionnaires français usuels. Parmi ces derniers, on trouve quelques emprunts :

 

 

  • À l’anglais : burger, selfie, hipster, le made in…, gif, hashtag, motion capture, comics…

  • À l’italien : stilleto (de « petit poignard » : chaussure de femme à talon aiguille), barista (spécialiste de la préparation de café)

 

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Hopitaux Culture et Santé en Ile de France 2014
Hopitaux Culture et Santé en Ile de France 2014, © LéA

Dix mots contre les maux

Proposé par Animateur le 11/03/2015

Chaque année, l’opération Dis-moi dix mots est un moment privilégié pour diffuser la langue française et faire connaître ses subtilités à un public qui n’en a pas toujours l’occasion. Plusieurs événements contribuent à diffuser cette opération dans des structures spécialisées.

 

« Dis-moi dix mots contre les maux », une expression souvent utilisée et qui prouve cette année encore l’importance de la culture et de la diffusion de la langue française pour un public empêché.

 

En Ile-de-France, un projet permet aux malades de vivre une aventure grâce aux dix mots en musique et comédie, pour s’échapper des murs de l’hôpital et accéder à d’autres horizons. La thématique de l’édition 2014-2015 « Dis-moi dix mots que tu accueilles » s’y prête parfaitement.

Un mot sera mis en valeur chaque jour du 16 au 21 mars dans les hôpitaux labellisés « Culture et Santé en Île-de-France ». Retrouvez l'évènement dans l'Agenda de la Semaine. 

 

Retrouvez ci-dessous une photo de l'édition 2014 qui a été un succès, et qui a donné envie à tous de recommencer cette année :

 

Hopitaux Culture et Santé en Ile de France - 2014

Hopitaux Culture et Santé en Ile de France - 2014, par Label Culture et Santé

 

L'établissement médico-social situé à Fontenilles en Haute-Garonne accueille des adultes en situation de handicap. Pendant plusieurs mois, ils se sont investis dans l’opération Dis-moi dix mots et leurs travaux très créatifs feront l’objet d’une exposition du 16 au 27 mars dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie.

L’occasion de rencontrer ces artistes inspirés et d’apprécier de belles créations autour des 10 mots !

 

 

Quintin, Ville partenaire labellisée de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, organise une dictée le 18 mars à l'hôpital en présence d'enfants de la commune, qui seront chacun parrainés par un résident de l'EHPAD de Quintin ou de Corlay. Ces tandems se poursuivront dans l'après-midi lors d'ateliers de réalisation d'acrostiches et de calligraphie, toujours autour des dix mots. Un goûter kitsch ou inuit réunira tous les participants!

 

Quintin - Dis-moi dix mots - Label- VP

Quintin - Dis-moi dix mots - Label- VP, par Ville de Quintin

 

 

L'Hôpital suburbain du Bouscat propose du 14 au 22 mars une exposition "Des mots contre les maux", réalisée par des patients et des membres du personnels.

 

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/semainelanguefrancaise/agenda/le-poeme-saffiche-dix-mots-a-lhopital

Dix mots contre les maux

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