Espace pédagogique > Ressources

S’enlivrer

Écouter la chronique A télécharger
» télécharger l’animation
» télécharger la chronique audio
» télécharger la fiche pédagogique / le corrigé

Script de la chronique

Trouve-t-on le mot s’enlivrer dans le dictionnaire ? Non, en tout cas pas encore. Est-ce qu’on l’emploie couramment ? Pas encore non plus. Mais c’est un bel exemple de néologisme ! Il a été inventé récemment par un élève de CM2 qui était en visite au Camion des mots : il s’agit d’un vrai camion, un poids lourd de la lecture, qui sillonne la France en proposant jeux et animations et en aiguisant l’appétit des élèves pour la langue française.

S’enlivrer, c’est en tout cas un beau mot-valise, qui invite à s’enivrer de lecture. Et l’ivresse souvent est désirable. « Être saoul », c’est toujours négatif et lourd ; «  être ivre » en revanche, c’est souvent beaucoup plus léger : on peut être ivre de tant de choses, de liberté, de joie, d’action…

L’ivresse en fait correspond bien à la lecture qui est une addiction douce et légère : sait-on encore très bien qui on est quand on est plongé dans un roman ? On est d’Artagnan, on est Emma Bovary, on va aider Harry Potter ou combattre Fantômas… On a la tête qui bourdonne de dialogues cinglants ou de cliquetis d’épées et on frissonne quand nous frôlent les baisers de l’amour ou de la trahison. Tout cela est immobile : quand on ne se rend même plus compte qu’on lit, c’est là qu’on est vraiment enlivré !

À la dernière page tournée, il faut un temps d’adaptation pour revenir à cette vie qu’on dit réelle ; les vapeurs de la lecture doivent se dissiper pour qu’on reprenne pied dans notre quotidien, qu’on s’éloigne de cette hypnose qui nous a saisis et qui ne demande qu’à nous reprendre !

© CNDP/ Davy Drouineau – 2013