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L’humour au service de la langue : Daniel Picouly et Alex Vizorek

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Proposé par Animateur le 10/03/2015

Alex Vizorek et Daniel Picouly
Alex Vizorek et Daniel Picouly, © MCC / Hexagramm

Écrivain, scénariste de bandes dessinées et animateur de télévision, Daniel Picouly a publié puis interprété au théâtre un texte autobiographique, La faute d’orthographe est ma langue maternelle, en 2012.

Quant à Alex Vizorek, il régale les auditeurs de France Inter avec son billet de 6h55 ainsi que son émission « Si tu écoutes, j’annule tout ». Il joue actuellement son spectacle « Alex Vizorek est une œuvre d’art » au Théâtre Hebertot à Paris. Tous deux font partie des dix parrains de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2015.​

 

 

Si vous deviez définir votre rapport aux mots d’origine étrangère utilisés en français, vous qualifieriez-vous plutôt de « franco-franglais » (utilisateur invétéré d’anglicismes), de « franco-100% » (cherchant systématiquement des équivalents français), de « franco-cosmopolite » (aimant les rencontres et échanges entre les langues) ?

 

Alex Vizorek : Franco-cosmopolite. Comme me disait mon professeur de français : « il n’y a pas de synonyme parfait ». Il sous-entendait que la sonorité de deux mots qui veulent dire la même chose implique déjà un choix littéraire. Donc, je préfère parfois utiliser le mot français ou son anglicisme en fonction de l’effet voulu.

 

Daniel Picouly : Étrange comme le mot « étranger » sonne aujourd’hui et comment « origine étrangère » rime avec frontière. « Franco » en est une. Il sépare plus qu’il ne réunit. Pour en revenir au franco-quelque chose, je ne me reconnais dans aucune. Les premiers m’horripilent, les deuxièmes m’épatent. Quant à être franco, je serais plutôt franco de port : je ne fais payer à personne le port de ma langue.​

 

 

Pouvez-vous citer un ou plusieurs mots venus d’ailleurs que vous employez avec plaisir et que vous aimeriez mettre à l’honneur ?

 

A.V. : J’aime beaucoup le mot « overbooking », je pense qu’il est redoutablement efficace. De même « marketing » me semble inutile à traduire. Pareil pour « tweeter », je ne me vois pas écrire « gazouiller » ?!

 

D.P. : Je vais d’abord relire L’aventure des mots venus d’ailleurs d’Henriette Walter pour les repérer. Mais, la plus haute distinction que peut recevoir un mot « venu d’ailleurs », c’est la surprise qu’il provoque quand on découvre son origine alors qu’on le croyait « d’ici » depuis toujours.​

 

 

A l’inverse, quel mot « envahisseur » ne supportez-vous plus ? Imaginez un équivalent français pour le remplacer!

 

A.V. : En toute honnêteté, je n’ai pas d’allergies à des mots. En revanche je n’aime pas les faux amis, par exemple « inconsistent » qui en anglais veut dire « incohérent ». Il induit donc facilement en erreur l’auteur qui voudrait dire « non consistant ». Et un propos sans consistance, n’est pas, de facto, un propos incohérent.

 

D.P. : Les mots qui ont le petit doigt raide comme dans « Les envahisseurs », cette série télévisée américaine de science-fiction de ma jeunesse. Ce petit doigt raide était le signe distinctif pour le héros David Vincent, sorte de défenseur de pureté de la langue qui s’ignore. Je ne rechercherais pas à les remplacer car chaque épisode de ce feuilleton faisait la démonstration rassurante qu’ils… s’autodétruisaient.​

 

 

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