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Le saviez-vous ?

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Proposé par Animateur le 10/02/2015

Henriette Walter, L'aventure des mots français venus d'ailleurs - Robert Lafont
Henriette Walter, L'aventure des mots français venus d'ailleurs - Robert Lafont, © Robert Lafont

Le mot « budget », emprunté à l’anglais à l’époque de la Révolution, avait déjà traversé la Manche quelques siècles plus tôt. Au milieu du XIe siècle, lors de la conquête normande, les Anglais avaient en effet accueilli le mot français « bougette » qui désignait alors une petite bourse

 

D’où vient le verbe « baragouiner » ? Selon une croyance largement répandue, les Français auraient inventé ce drôle de verbe en entendant les Bretons répéter « bara gwin ». Ils ne savaient pas que leurs interlocuteurs demandaient simplement du pain (bara) et du vin (gwin) !

 

Quoi de commun entre les mots « poubelle », « nicotine », « montgolfière » et « silhouette » ? Ils ont tous été empruntés à des noms propres ! Jean Nicot, les frères Montgolfier, le contrôleur des finances Etienne de Silhouette et Eugène Poubelle ont ainsi contribué, malgré eux, à l’enrichissement de la langue française.

 

La « crevette » ne serait-elle qu’une petite chèvre ? D’abord baptisé « chevrette » (du latin « capra ») en ancien français – en raison de ses déplacements par bonds – ce crustacé a emprunté son nom définitif au normanno-picard à partir du XVIe siècle. C’est ainsi que la crevette s’est distinguée de la chevrette…

 

Les mots « chiffre » et « zéro » proviennent d’un seul et même mot emprunté à l’arabe : « sifr ». Latinisé au XIIe siècle par l’Italien Léonard de Pise, « zephirum » est progressivement devenu « zero », forme sous laquelle il a été introduit en français. Or, c’est déjà le mot « sifr » qui nous avait donné « chiffre » par l’intermédiaire du latin !

 

Drôle de destinée que celle du mot « laquais », passé de l’arabe au français par l’intermédiaire du catalan. Car si le « laquais » est une personne servile et sans honneur, ce même terme désignait en arabe un haut fonctionnaire ! Un glissement de sens qui s’explique sans doute par la perte de puissance des chefs arabes en Espagne entre le XIe et le XVe siècle.

 

« Divan » et « douane » ont une seule et même origine. Le mot persan « diwan », qui signifiait « registre », a donné le mot français « douane » au XIIIe siècle. Quant au mot « divan », il date, pour sa part, du XVIe siècle. Entre temps, son sens avait évolué de « salle des registres » à « salle du conseil »… Et que serait une salle du conseil sans un banc garni de coussins où s’installer confortablement ?

 

Le mot « hongrois » n’est pas d’origine hongroise, mais turque ! Lorsqu’ils occupèrent le pays de Magyars, au XVIe siècle, les Turcs découvrirent que leurs ennemis étaient des archers redoutables. Et c’est le mot turc « ogur » (flèche) qui fut accueilli en français pour désigner le peuple « hongrois ».

 

Pourquoi utilise-t-on le mot « gazette » pour désigner un journal, alors que la « gazeta » italienne n’est qu’une « petite pie » ? Au XVIe siècle, les Vénitiens raffolaient d’un périodique regroupant des informations sur la marine marchande et des cancans en tous genres. Pour se la procurer, il leur suffisait de se munir d’une piécette où était représentée… une pie, bien sûr.

 

Au XVIe siècle, les guerres d’Italie fournissent au français de nouveaux mots. Le cri « All’arme ! » (« Aux armes ! ») devient le substantif « alarme », tandis que « All’erta ! » (« Sur la hauteur ! ») se transforme en adjectif « alerte ». Notons que ce dernier signifiait d’abord « vigilant » et non pas « vif ».

 

La paella, un plat typiquement espagnol ? Que nenni ! Le mot avait d’abord été emprunté par le catalan à l’ancien français « paele », plat métallique peu profond. Devenu « paella » en castillan, il a ensuite été rendu au français.

 

Les mercenaires suisses et allemands qui, jusqu’au XVIIe siècle, combattent dans les armées royales, transmettent au français un vocabulaire familier, voire argotique. Ainsi, « trinquer » n’est autre que le verbe « trinken », « boire ».

 

« Tsar », « Kaiser », « César »… Trois mots, mais une seule origine ! En effet, les mots « tsar » et « kaiser » sont tous deux d’anciens emprunts du latin Caesar.

 

Si le mot « flirter » a été récemment emprunté à l’anglais, il a en réalité pour origine le verbe français « fleureter », « conter fleurette », en ancien français !

 

Le mot « catamaran » est d’origine tamoule : « katta » signifie « lien » et « maram » « bois », en référence à cette embarcation originairement composée de deux troncs d’arbre évidés et reliés. Mais d’où vient donc le mot « trimaran » ? Ce sont les occidentaux qui l’ont fabriqué de toute pièce, sans se soucier d’étymologie, lorsqu’ils ont réalisé une embarcation à trois coques au lieu de deux !

 

Tout le monde connaît le « boubou », vêtement africain léger, porté par les hommes comme par les femmes. Mais, en malaké, ce mot désigne en réalité… un singe. Drôle d’origine qui remonte en fait à l’époque où les habitants d’Afrique occidentale se vêtaient de peaux de singe !

 

Curieux paradoxe : les mots utilisés pour désigner les arts martiaux font référence à la sagesse, la délicatesse et la sérénité, plutôt qu’au combat. « Jiu-jitsu » signifie ainsi « art de la souplesse », « judo » « art de la conciliation » et « aïkido » « voie de la paix ».

 

L’ « ananas » a des origines bien lointaines… Ce mot vient d’ « ana-ana », « parfum des parfums » en tupi, langue amérindienne que l’on trouve notamment au Brésil. Un nom qui sied parfaitement, vous l’avouerez, à ce fruit très parfumé. 

 

Source : livre d'Henriette Walter, linguiste, L'Aventure des mots français venus d'ailleurs.​

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