Accueil > Actualites > Juliette et YAK, « franco-cosmopolites » et parrains de la Semaine

Juliette et YAK, « franco-cosmopolites » et parrains de la Semaine

Taille actuelle: 100%

Proposé par Animateur le 10/03/2015

Yacine Ait Kaci et Juliette
Yacine Ait Kaci et Juliette , © MCC / Hexagramm

Voici deux artistes aussi différents que passionnants.​

Chanteuse émouvante et drôle, Juliette a été récompensée par plusieurs prix prestigieux, dont les Victoires de la musique 2006 dans la catégorie « Artiste interprète féminine ». Elle s’est également essayée à la lecture et l’écriture de textes littéraires.

Yacine Ait Kaci est à la fois auteur, dessinateur de presse et réalisateur. Son petit personnage, Elyx, rencontre un succès incontestable sur le web.

 

 

Si vous deviez définir votre rapport aux mots d’origine étrangère utilisés en français, vous qualifieriez-vous plutôt de « franco-franglais » (utilisateur invétéré d’anglicismes), de « franco-100% » (cherchant systématiquement des équivalents français), de « franco-cosmopolite » (aimant les rencontres et échanges entre les langues) ?

 

Juliette : Franco-cosmopolite sans aucune hésitation. Quand la langue s’enrichit, c’est toute la pensée qui peut faire de même. Qu’on use de mots « franglais » (ainsi que d’acronymes exaspérants !) est inévitable dans un monde informatisé et globalisé. Le problème n’est pas dans l’emploi ou non de mots étrangers, il est plus aujourd’hui dans l’appauvrissement et le mésusage de la syntaxe. C’est surtout la grammaire qu’il faut défendre !

​​

YAK : Je serais plutôt un franco-cosmopolite : le français est une langue vivante et s’enrichit des apports du quotidien tout autant que des termes universels liés aux technologies de l’information. En revanche, à travers mon travail, en particulier Elyx, je tente de créer par le dessin un langage totalement non verbal et le plus universel possible.

 

 

Pouvez-vous citer un ou plusieurs mots venus d’ailleurs que vous employez avec plaisir et que vous aimeriez mettre à l’honneur ?

 

Juliette : Le mot « bug » qui désigne en anglais un petit insecte et, dans son sens moderne une erreur qui fait planter un programme informatique. Sa francisation donne un « bogue » qui évoque les sous-bois en automne et l’odeur des marrons chauds dans les rues de Paris, auquel je préfère le « beugue » qui, à l’écrit tout au moins, ressemble à une onomatopée de bande dessinée et rend visuellement bien le côté dégueulasse de la chose !

 

YAK : « Kiff / Kiffer » : originaire de la langue arable, voilà un mot très expressif pour exprimer la joie et le plaisir, le seul sifflement entre les dents de la terminaison du mot est déjà l’illustration de son sens« Cool » : venu de l’anglais, voici un mot quasi indispensable à toute bonne journée, signifiant tout autant une attitude, détendue, une forme de compliment ou une marque de contentement.

 

 

A l’inverse, quel mot « envahisseur » ne supportez-vous plus ? Imaginez un équivalent français pour le remplacer!

 

Juliette : « Vintage ». Un mot qui s’adapte à plein de domaines dans sa langue d’origine, et qui s’est appauvri en traversant la Manche (et l’Atlantique !) puisque de « classique », « grand cru », « grand style » on est passé à une évocation stylisée, mythifiée et hélas souvent médiocre des années d’après-guerre. On vieillit cruellement quand on s’aperçoit que « vintage » s’applique désormais aux années 70...

 

YAK : Je ne considère pas ​qu’un mot puisse être « envahisseur ». En général lorsqu’on tente de franciser des mots qui se sont imposés naturellement dans la langue usuelle, cela aboutit à des formes de traductions que personne n’emploie naturellement. C’est particulièrement le cas avec tous les mots issus des technologies de l’information comme le « clavardage » pour le « chat » ou « Gestionnaire de communauté » pour « Community Manager », même si parfois cela génère des mariages plutôt surprenants, comme avec le terme « la data ».

 

 

A lire également

Pour une langue inventive et dynamique: Agnès Desarthe et Fred Pellerin

L’humour au service de la langue : Daniel Picouly et Alex Vizorek

« Azur », « come back » : les mots de David Foenkinos et Carole Martinez​

Denis Podalydès, « grand témoin » de la Semaine

Le latin et le grec: sources ou ressources?

D'ou viennent les mots récemment entrés dans le dictionnaire? 

Faut-il redouter les emprunts? 

L'emprunt lexical en quelques chiffres

Accueillir des mots: pour quoi faire?

Ces mots que l'on accueille: la thématique de 2015

 

Dailymotion

Facebook

Twitter

Partenaires