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Denis Podalydès, « grand témoin » de la Semaine

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Proposé par Animateur le 10/03/2015

Denis Podalydès
Denis Podalydès, © MCC / Hexagramm

Denis Podalydès a accepté de faire partie des « grands témoins » de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2015. Comédien, metteur en scène, écrivain, il est sociétaire de la Comédie française depuis 2000. Il a été récompensé par plusieurs Molières, notamment pour sa mise en scène de Cyrano de Bergerac en 2007.

 

 

Si vous deviez définir votre rapport aux mots d’origine étrangère utilisés en français, vous qualifieriez-vous plutôt de « franco-franglais » (utilisateur invétéré d’anglicismes), de « franco-100% » (cherchant systématiquement des équivalents français), de « franco-cosmopolite » (aimant les rencontres et échanges entre les langues) ?

 

J’aime la précision dans la langue et aucun mot, dès lors qu’il me semble employé dans un sens précis, ne me paraît a priori indigne de figurer dans une phrase, que ce mot soit anglais, allemand, arabe, italien, etc. Pour ma part, je cherche naturellement à remplacer les mots trop rebattus par des équivalents plus précis, plus simples, plus réfléchis. Quantité de mots anglais entrent dans cette catégorie de clichés, sans parler des mots du langage des affaires (« management »), ou du commerce, ou du sport (« coach » pour entraîneur, qui m’agace particulièrement), et je perds parfois pied. Mais je me rangerais plutôt dans votre catégorie « franco-cosmopolite », car je n’ai aucune religion de la langue franco-française, tant je sais qu’elle s’enrichit de l’apport de toutes les autres langues. La posture de la lamentation ou du déclin me semble toujours la posture la plus fâcheuse.

 

 

Pouvez-vous citer un ou plusieurs mots venus d’ailleurs que vous employez avec plaisir et que vous aimeriez mettre à l’honneur ?

 

Je sèche… Je me rends compte que mon langage est loin d’être fixe; il évolue, change selon mes interlocuteurs. Pour moi, tout dépend de la situation de langage dans laquelle nous sommes. L’humour, par exemple, la convivialité, nous font parfois employer des mots et des expressions que par ailleurs nous réprouvons. Alors, selon le rapport entretenu avec la personne, je peux me mettre à apprécier un mot que je n’aimerais pas dans un autre contexte.

 

 

A l’inverse, quel mot « envahisseur » ne supportez-vous plus ? Imaginez un équivalent français pour le remplacer!

 

Tous les mots dont l’équivalent est très clair, comme « entraîneur » pour « coach », etc. Les exemples me manquent, alors qu’il y en a des quantités. Dire « habiter ou rentrer sur Paris » au lieu de rentrer ou habiter à Paris. Ajouter systématiquement « quoi », ou « je veux dire », ou (les sportifs) « comme je dis », dire « derrière » au lieu d’« après ». J’inclinerais à être plus sévère avec les expressions ou formulations de ce genre qu’avec des mots venus d’autres langues.

 

 

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