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Timbré

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Script de la chronique

« Il est timbré ! Il est un peu timbré ! » Voilà un adjectif dont le sens est facilement souligné par un adverbe qui lui donne de l’élan et par une intonation qui lui donne du relief : « Il est complètement timbré ! »

Le mot n’est pas trop méchant : on sent bien qu’on est dans la moquerie, un peu narquoise, même parfois incrédule. Quand on dit à quelqu’un qu’il est timbré, c’est qu’on n’en croit pas ses yeux ou ses oreilles : « Proposer une chose pareille ? Mais tu es vraiment timbré ! » C’est une manière rieuse de dire à quelqu’un qu’il n’y est pas !

Cette image familière est encore entendue aujourd’hui, même si elle était davantage à la mode dans les années cinquante. Pourtant elle a un âge respectable : on la trouve en français depuis le XVIe siècle !

Contrairement aux apparences, la formule n’a aucun rapport avec le timbre-poste qui sert à affranchir le courrier ou avec la vignette dont on se sert pour payer les contraventions. Son ancienneté l’interdit tout à fait : il ne s’agit pas d’un timbre qu’on vous aurait collé sur le front, comme indice de la folie. Le timbre au départ, c’est un instrument de musique : un petit tambour souvent muni de clochettes. Ensuite, le timbre désigne la cloche sur laquelle on frappe pour qu’elle résonne.

C’est là qu’on trouve la clé du mystère : parce que la cloche, très souvent, elle évoque la tête par analogie de forme et lorsqu’on tape dessus, tous les raisonnements peuvent se dérégler.

Ce qui s’exprime d’ailleurs de mille façons : « Tu as le timbre fêlé ! » (cela s’est dit depuis le XVIIe siècle). « Tu es sonné ! » ; « Tu es toqué ! » Ou même, on fait remonter l’image de l’action à l’instrument et on dit : « Tu es complètement marteau ! »

© CNDP/ Davy Drouineau – 2013