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Hurluberlu

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Script de la chronique

Ce n’est pas bien méchant de traiter quelqu’un d’hurluberlu, mais ce n’est pas très aimable non plus ! L’injure est modérée mais elle est toujours présente : on n’utilise pratiquement jamais le mot avec sympathie, avec une bonhomie indulgente ou amicale : la pique, l’étonnement réprobateur sont là !

Est-ce vraiment une insulte ? On ne la profère pas de façon directe : on ne traite pas quelqu’un en face d’hurluberlu. En revanche, le terme sert à commenter l’impression produite : « Qu’est-ce que c’est que cet hurluberlu ! », de même qu’on pourrait dire, avec des moyens tout aussi expressifs : « Qu’est-ce que c’est que cet olibrius ! Qu’est-ce que c’est que cet énergumène ! Qu’est-ce que c’est que cet escogriffe ! » On souligne le fait que la personne en question n’est pas à sa place : par son apparence ou par son attitude, elle détonne. Et cette extravagance se fait remarquer, comme l’irruption d’une sauvagerie dans un monde policé.

Les deux premières syllabes évidemment font écho aux deux autres, mais avec des évocations différentes : hurlu rappelle une silhouette hérissée, ébouriffée, parce qu’en français de la Renaissance, un hurel, c’est un homme dont les cheveux sont dressés. L’image de la barbarie est présente dans cette apparition d’une tignasse qu’on n’a jamais domestiquée, c’est l’animalité qui montre le bout de son nez. Et puis avec berlu, on n’est pas loin d’une vision sidérante, entre réalité et hallucination.

© CNDP/ Davy Drouineau – 2013