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Faribole

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Script de la chronique

« Qu’est-ce que c’est que ces fariboles ! ? » Cette phrase, à mi-chemin de l’interrogation et de l’exclamation, peut s’entendre avec diverses variantes : qu’est-ce que c’est que ces billevesées ? Qu’est-ce que c’est que ces balivernes, ces calembredaines ? Quelque façon aimable de dire qu’on ne croit rien à ce qu’on vous raconte : on n’est pas assez bête pour tomber dans le panneau ; on ne va pas accepter des histoires aussi invraisemblables !

Est-ce qu’on est vraiment furieux du procédé ? En tout cas, on prend tout ça de haut, avec un sourire supérieur, en utilisant ces mots rares avec une aisance, une désinvolture qui nous place tout de suite au-dessus de cette basse querelle !

De plus, on met les rieurs de son côté : la faribole donne une impression ancienne mais amusante, comme un objet sonore et léger, une bulle qui éclate quand on la prononce : faribole !

Alors, le mot est-il si ancien que cela ? En fait oui : parce qu’il est très fréquent au xvie siècle. Il a été formé au Moyen Âge, à partir de faillir au sens de tromper et de bourde qui à l’époque ne signifie pas gaffe comme aujourd’hui, mais plutôt mensonge ou vantardise : les deux mots se renforcent l’un l’autre. Cependant la faribole pâlit et semble tomber dans les oubliettes de la langue, elle sort d’usage pendant trois siècles.

Mais elle n’est pas morte : elle hiberne ! Voilà qu’elle se réveille dans l’après-guerre : elle renaît dans les années cinquante comme un mot à la mode, d’autant plus dans le vent – c’est ce qu’on dit à l’époque – qu’elle sonne de manière saugrenue et décalée.

© CNDP/ Davy Drouineau – 2013