Accueil > Ressources > Les chroniques d'Yvan Amar à lire, écouter et visionner

Les chroniques d'Yvan Amar à lire, écouter et visionner

Taille actuelle: 106%

Soumis par Dis-moi dix mots le 20/11/2014

Chroniques vidéos d'Yvan Amar - Dis-moi dix mots 2014-2015
Chroniques vidéos d'Yvan Amar - Dis-moi dix mots 2014-2015, © pédagogie - Yvan Amar - dismoidixmots - vidéos

AMALGAME

Amalgame - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Amalgame… Avec ses trois « a » et ses deux « m », voilà un mot qui se dit comme si on le mâchait, comme si on le mastiquait.

Est-ce que, rien qu’à le prononcer, on aurait déjà une indication sur son sens ? Non ! Là, j’exagère un petit peu. Et pourtant, on n’est pas trop surpris de découvrir que ce mot désigne un mélange de plusieurs éléments qui sont si bien mêlés qu’on ne les reconnaît plus, qu’on ne les distingue plus.

Il arrive en français à la fin du Moyen-Âge, et probablement il est emprunté à la langue des alchimistes ou des chimistes arabes, puisqu’à l’époque, on ne fait pas vraiment la différence entre la recherche scientifique et la quête spirituelle.

L’amalgame, il est bien proche de l’alliage, un mélange de métaux qu’on a chauffés jusqu’à les rendre liquides, qu’on a mélangé. Mais aujourd’hui, il évoque une pâte, pas toujours métallique, comme celle dont se servent les dentistes pour soigner les caries, c’est-à-dire pour boucher les trous qui se sont creusés dans les dents. Cette préparation durcit en séchant, et voilà la dent à peu près réparée !

Mais l’amalgame a surtout un sens figuré, dans le langage de la politique. Il s’agit, de façon indirecte, d’assimiler deux réalités : par exemple en mettant en parallèle le nombre des chômeurs et le nombre des étrangers dans un pays, pour faire penser que s’il y avait moins d’étrangers, peut-être il y aurait moins de chômeurs. Ha, l’amalgame ! Et dans ce sens bien sûr, le mot amalgame est péjoratif : on dénonce l’amalgame dans le discours politique de ses adversaires, on le montre du doigt. Mais jamais on ne se vante soi-même d’avoir pratiqué un amalgame !

 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Amalgame - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur amalgame à découvrir sur le site de Canopé. 

 

BRAVO

Bravo - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Bravo ! Encore bravo !

On voit bien que le mot est une exclamation qui exprime l’enthousiasme : on crie ça debout, à la fin du concert, pour manifester aux musiciens, plus encore aux chanteurs d’ailleurs, qu’on a été sensible à leur prestation. Et si on est vraiment transporté, on a même un superlatif : bravo ! Bravissimo !

Mais attention, le mot signifie plus que cela, parce que c’est aussi un nom commun qui désigne le geste de cette exclamation : le claquement des mains.

Alors, est-ce que ce serait un synonyme d’applaudissement ? Oui et non… Parce que c’est un mot qui désigne le bruit de l’applaudissement. Et c’est bien cela qui le rend étonnant : on s’attendrait à une onomatopée, à une imitation, à un clap-clap quelconque… et en fait, on a un vrai mot, dont la sonorité n’a rien à voir : il sonne, mais il ne claque pas, et c’est ça qui explique ses usages multiples.

Le mot bravo, il est d’origine italienne, le « o » final en témoigne. Il s’apparente à la bravoure.

Et au départ, un bravo, c’était un personnage, c’était celui dont le courage était le métier : il avait le coup d’épée facile, c’était ce que l’on appelait un spadassin, c’est-à-dire en fait un tueur à gages.

Le premier sens du mot donc était proche de la bravade : arrogance, provocation. Et le mot « bravoure », qui n’est pas si fréquent en français d’aujourd’hui, a encore gardé une couleur assez militaire, ou en tout cas belliqueuse : on est brave au combat, quand on n’a pas peur de la mort, et là, est bien loin du geste parfois un petit peu convenu qui témoigne aux artistes du plaisir qu’ils vous ont donné.

 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Bravo - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur bravo à découvrir sur le site de Canopé.

CIBLER

Cibler - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Cibler est un verbe récent qui n’apparaît en français qu’au milieu des années 1970.

Ça fait jeune pour un mot, mais il a un sens particulier par rapport au nom commun dont il dérive, « cible », parce qu’il est lié au jargon de la publicité, et à l’époque la publicité s’est beaucoup développée et a commencé à réfléchir sur son efficacité.

Cette réflexion, elle s’est faite sur le modèle de la guerre. Le plus grand journal destiné aux publicitaires s’appelle Stratégies et il s’agit d’adapter des actions au public qu’on cherche à toucher : on ne parle pas aux retraités comme aux actifs, aux urbains comme aux ruraux. Donc il faut bien « viser » ceux qu’on veut sensibiliser. Et qu’est-ce que l’on vise ? Eh bien une cible.

Cible, c’est un mot qui nous vient d’un dialecte germanique parlé en Suisse et la première image qui nous vient à l’esprit, bien sûr, c’est celle de Guillaume Tell. Mais une cible, ce n’est pas toujours une pomme, c’est une surface ronde qui sert de but dans des jeux d’adresse et qu’on cherche à atteindre avec des flèches ou des munitions et qui souvent est divisée en cercles concentriques. Alors, plus on se rapproche du centre, plus on marque de points et on considère traditionnellement que si le centre est atteint, on touchera mille points. De là des expressions comme « Paf, en plein dans le mille  » ! 

Mais il est facile de passer du jeu à la réalité et la cible va désigner aussi le but à atteindre à la guerre et dans n’importe quelle situation d’affrontement. Il s’agit de ce qu’on vise au combat comme à l’entraînement. Alors on passe à un sens plus abstrait, on est la cible d’une moquerie, d’une calomnie et c’est ainsi que le verbe « cibler » va servir pour exprimer des techniques publicitaires ou même médiatiques. Un journal cible les 18-24 ans ou bien les ménagères de moins de 50 ans pour vendre des sodas, des voitures ou du café.

 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Cibler - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur cibler à découvrir sur le site de Canopé.

GRIGRI (ou gri-gri)

Grigri ou Gris-gris - Dis-moi dix mots 2014-2015, par culture-gouv

 

Script 

Un grigri, ça se porte sur soi, parfois dans la poche. Mais la plupart du temps, c’est beaucoup plus près du corps. C’est caché sous les vêtements, c’est accroché à une chaîne, c’est autour du poignet, et cette proximité avec la peau est peut-être à l’origine du mot.

Ce n’est pas sûr, mais on peut penser que le grigri, c’est ce qui gratte, c’est ce qui frôle, c’est le reste d’une onomatopée. En tout cas, c’est un objet extrêmement intime, qui protège, qui veille sur vous à l’insu de tous et, c’est bien connu, si le secret s’évente, le pacte est rompu et le charme n’opère plus. 

Alors ce mot « grigri » sonne bien français avec un redoublement qui fait plus penser au langage enfantin qu’à une langue étrangère, mais qui évoque quand même l’ailleurs, parce qu’on l’utilise davantage en Afrique francophone et aux Antilles et il se nourrit bien plus des magies des tropiques que celles de l’hexagone.

Et pourtant, on ne manque pas d’autres mots pour désigner des objets similaires, on a le talisman qui, lui, sent bon l’exotisme. C’est un vrai mot voyageur parce qu’il nous vient de l’arabe qui lui-même l’avait emprunté au grec.

Et puis, on a l’amulette qui fait très française, même si on ne sait pas quelle est l’origine du mot et qui repose sur la superstition mais s’adosse facilement à la religion chrétienne avec des représentations de saints qui sont censés vous prémunir des accidents de la vie.

On terminera avec le porte-bonheur qui est plus léger, comme s’il n’avait pas besoin de surnaturel pour nous aider à vivre mais c’est positif, ça apporte un petit peu de chance en plus, et on peut penser qu’il fait de l’œil aux numéros de la loterie ou qu’il arrête le nuage juste lorsque l’on est en route pour aller pique-niquer.

 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Grigri - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur grigri à découvrir sur le site de Canopé.

INUIT(E)

Inuit, Inuite - Dismoidixmots-2014-2015-inuit-HD, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Le mot « inuit », il désigne à la fois une langue et ceux qui la parlent, c’est-à-dire un peuple.

Et en plus de cela, le mot inuit a un sens particulier dans la langue inuite. « Inuit », cela veut dire un homme, un être humain. On a donc le même mot pour renvoyer à tous les hommes et à ceux de cette nation. Et ce n’est pas si rare que cela, parce que de nombreux peuples se considèrent comme l’exemple même de l’espèce humaine : qui sommes-nous ? Nous sommes les Hommes !

Aujourd’hui, le terme n’a pas en français de sens figuré particulier, alors pourquoi fait-il partie de notre liste des Dix mots ?

Parce que dans le français courant, le terme « inuit » en a remplacé un autre : esquimau. Et ce dernier a désigné le même peuple, la même langue, avec une origine différente parce qu’il venait d’une autre langue indienne. Et même si les Européens qui ont peuplé le Canada – parce que c’est là-bas que cela se passe - n’en sont pas les inventeurs, c’est ce mot « esquimau » qu’ils ont employé pour renvoyer, de façon un petit peu vague, à tous ceux qui vivaient dans le nord du pays, quelle que soit leur histoire. Alors cette appellation s’est colorée d’une nuance coloniale, qui demeure encore, et c’est pour cela que les Inuits l’ont récusée : ils ne veulent pas qu’on les appelle des Esquimaux.

L’histoire de ce terme ne s’arrête pas là, puisqu’il est associé de façon un peu stéréotypée à l’idée du froid, du fait que les nations inuites, qui font partie de ce qu’on appelle les premières nations, sont originaires des régions arctiques du Canada. Alors cela nous fait comprendre que l’esquimau, c’est aussi une crème glacée industrielle, fichée sur un petit bâtonnet et cela existe bien encore et ça ne saurait être remplacé par un autre mot : pas question de manger un Inuit à l’entracte !

 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Inuit - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur inuit à découvrir sur le site de Canopé.

KERMESSE

Kermesse - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

« Kermesse » est un mot intéressant.

D’abord parce que son usage, qui est bien actuel, n’a pas grand-chose à voir avec son étymologie.

C’est un mot qui vient de l’ancien flamand et le « k » à l’initiale est souvent une bonne indication d’une origine germanique.

Alors cela condense deux mots : « kerk », l’église (on retrouve ce radical dans l’anglais church, dans l’allemand Kirche), et « messe », qui a le même sens que le mot français. Donc il s’agit d’une messe d’église ? Oh là, on frôle le pléonasme, parce que la messe se dit rarement en dehors de la maison du Seigneur, et même si on peut la célébrer en plein air, une église virtuelle est là pour envelopper les fidèles.

Mais surtout, la kermesse n’est pas une affaire d’intérieur, de même qu’elle n’est pas liturgique. Elle se situe à la frange entre la vie religieuse et la vie laïque : c’est une fête patronale de village, on célèbre le saint sous la protection duquel on vit, et c’est prétexte à réjouissances. Des réjouissances qui elles-mêmes sont prétexte bien souvent à la peinture, on peut penser à Bruegel et aux nombreuses toiles qu’il a consacrées à des scènes de kermesses.

Le mot, en français, il est né dans le Nord de la France actuelle, en Flandres, et on le trouve en concurrence avec un autre, la ducasse, moins répandu, qui existe encore dans un emploi qui n’a pas vraiment changé depuis son origine.

En revanche, le mot « kermesse », lui, peut s’appliquer à des festivités extrêmement courantes qui englobent toute une série d’activités qui vont du chamboule-tout à la tombola et qui, en général, se terminent par un bal qui va rassembler toutes les générations.

 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Kermesse - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur kermesse à découvrir sur le site de Canopé.

KITSCH (ou kitch)

Kitsch ou kitch - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Le mot « kitsch » n’est pas facile à définir parce qu’il représente tantôt un certain style, tantôt un jugement esthétique.

Il apparaît en français au début des années soixante, une époque où le confort, les arts ménagers commencent à se répandre : voitures, télévisions, machines à laver… Et puis parallèlement, une certaine forme d’art apparaît en série ; et certains artistes, comme Andy Warhol aux États-Unis, considèrent plus l’art comme une production que comme une création : on consomme autant qu’on apprécie. Le kitsch, cela désigne d’abord ce rapport à un art de grande diffusion où la notion d’œuvre originale n’a plus cours.

Mais ce sens, aujourd’hui, il est un petit peu oublié, alors que le mot kitsch est encore très présent avec d’autres sens.
Le kitsch est associé à la mode rétro. On retrouve, on assemble des objets un peu désuets, on les recycle. Ce n’est pas que ces objets soient vraiment anciens, ils sont vieillots, ils sont datés.

Et le kitsch consiste à se réjouir de cet aspect démodé, tout en évoquant autre chose d’ailleurs : le mauvais goût. C’est bien subjectif, le mauvais goût. Mais c’est lié à l’idée de clinquant : c’est faux, mais ça brille ! Eh bien, le kitsch, précisément, c’est une façon d’aimer la vulgarité en connaissance de cause : on donne du prix à une œuvre parce qu’elle est bon marché ; on la goûte, parce qu’on en évalue le ridicule ! On encadre, on met en scène une certaine laideur qu’on dédaigne pour en faire un objet d’admiration.

Donc il y a un retournement, on ne sait plus exactement ce qu’on admire : l’œuvre ou son côté décalé ? Et avec cette jubilation paradoxale et légèrement perverse, on est en face du « deuxième degré » considéré comme l’un des beaux arts. 

 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Kitsch - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur kitsch à découvrir sur le site de Canopé.
 

SÉRENDIPITÉ

Sérendipité - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Sérendipité, en voilà un mot compliqué !

Mais justement, c’est pour ça qu’il plaît et qu’on s’en amuse. Son sens est facile à comprendre : il s’agit, lors d’une quête – en général une recherche scientifique – d’un hasard heureux, ou même d’une erreur fructueuse : on cherche quelque chose, on ne le trouve pas tout de suite, et puis voilà qu’on tombe sur ce qu’on ne cherchait pas… mais qui est une découverte beaucoup plus désirable.

Encore faut-il savoir cueillir le fruit de cette errance providentielle : c’est à cela qu’on reconnaît le vrai chercheur, qui est disponible, improvisateur, ouvert à l’émerveillement.

D’où nous vient le mot « sérendipité » ? Eh bien, c’est un homme de lettres anglais, Horace Walpole, qui, le premier, a l’idée de l’utiliser au XVIIIe siècle. Et il le tire d’un conte oriental, qui nous présente les trois princes de Serendip. Ils ont été envoyés par leur père pour découvrir le monde, et ils ne cessent, cherchant le bonheur, de le manquer mais en trouvant autre chose ! Alors le charme de cette histoire initiatique, ou en tout cas éducative, tempère d’une certaine sagesse l’esprit scientifique, et lui donne à la fois une perspective nouvelle et une couleur un peu fataliste.

Quels exemples célèbres a-t-on de cette sérendipité ? Le premier qui vient à l’esprit, c’est la découverte de l’Amérique par un navigateur qui ne cherchait rien d’autre qu’une nouvelle route pour les Indes ! Mais il y en a d’autres. Par exemple, la moisissure, les processus de pourrissement sont en général considérés comme peu souhaitables : ce qui est pourri, on le jette ! Et pourtant, ce sont des moisissures inattendues, produites par l’inattention ou par l’étourderie, qui ont mis sur la piste de la pénicilline d’un côté, et puis du fromage de Roquefort de l’autre. Mais encore une fois, l’étourderie ne suffit pas : il faut être assez malin pour en comprendre et en capitaliser les bénéfices.

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Sérendipité - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur sérendipité à découvrir sur le site de Canopé.

WIKI

Wiki - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script
Les principaux dictionnaires français mentionnent ce nom masculin, « wiki », qui est pourtant d’un usage relativement peu courant. Ah on l’entend beaucoup, c’est vrai, mais utilisé comme préfixe : on entend « Wikipédia », on entend « wiktionnaire ». Quand on rencontre « wiki » isolé (« il faudrait fonder un nouveau wiki »), eh bien, on a l’impression qu’on est en face d’une abréviation.

Alors cet objet linguistique, « wiki », il nous est familier, mais il vient de loin : il vient de l’anglais, mais l’anglais l’avait trouvé dans la langue hawaïenne. Et en 1995, alors que l’Internet disait à peine ses premiers mots, Ward Cunningham avait créé le site WikiWikiWeb, dont les trois W faisaient écho bien sûr à ceux du World Wide Web.

Mais évidemment, c’est Wikipedia qui installe le préfixe. Il s’agit d’un recueil d’articles sur des sujets extrêmement différents et qui sont écrits par les utilisateurs eux-mêmes qui mettent leurs connaissances à la disposition de tous : c’est ce qu’on appelle un site collaboratif. Alors Wikipédia se décompose facilement : wiki, ça permet une consultation rapide donc, et -pédia parce que c’est la finale d’encyclopedia, un mot anglais qui correspond à « encyclopédie ».

Et cette nouvelle façon de procéder, qui est informelle et gratuite, pourrait s’identifier à cette formule malicieuse, qui devient tout à fait productive : parce qu’on parle de wiktionnaire, on pense au dictionnaire. Et les lexicographes qui construisent ce dictionnaire se mettent en parallèle avec ceux qui, sous la Coupole, à l’Académie française, construisent patiemment leur grand Dictionnaire. Donc, on a des wikidémiciens, et aussi des wikisources et même des wikilivres, pour les ouvrages autoédités, qui suivent un peu le même chemin que ces fameux wiktionnaires. 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Wiki - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur wiki à découvrir sur le site de Canopé.

 

ZÉNITUDE

Zénitude - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Zénitude ! Voilà un mot tout nouveau, qui est un vrai produit du monde contemporain qu’on se représente souvent comme monde de la vitesse, monde de l’angoisse.

Alors, « zénitude » est formé sur un autre mot très ancien : le bouddhisme zen est une forme de religion qui est née en Inde, passée en Chine, puis au Japon. Et depuis les années1960-1970, beaucoup de gens en Occident s’intéressent à cette pratique spirituelle, qu’on n’expliquera pas en deux mots, mais dont on retiendra une pratique du détachement : il faut prendre de la distance par rapport aux  secousses de la vie. Et cette recherche de sérénité, elle a plu à ceux qui se sentaient emprisonnés par la vie moderne et son stress. 

Alors, le mot zen s’est répandu dans le vocabulaire français au tournant des années 1980, d’abord comme adjectif (il faut savoir « rester zen ») et parfois même comme interjection : zen ! C’est-à-dire : ne cédons pas à la panique, à l’affolement, prenons du recul. Et cet usage, il est probablement bien galvaudé par rapport au  sens d’origine, mais il s’est répandu dans une langue familière, on dit ça avec le sourire.

Ce qui permet d’inventer un autre mot : « zénitude ». La terminaison indique bien son usage : à la fois un état de sérénité et une manière d’être. Et ce suffixe -itude, il renvoie à deux mots sous-jacents : d’abord l’habitude, on pense à une tranquillité coutumière, et surtout l’attitude, c’est-à-dire un maintien, une posture, un état d’esprit, une disposition générale. La zénitude donc évoque une façon d’habiter son corps, d’évacuer les tensions, et de retrouver peut-être une paix intérieure.

 

Écoutez la chronique
 

Chronique d'Yvan Amar - Zénitude - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Plus de ressources sur zénitude à découvrir sur le site de Canopé.
 

Écoutez également les ressources liées aux mots des éditions précédentes.
 

 

 

 

 

 

Dailymotion

Facebook

Twitter

Partenaires