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Chroniques vidéos d'Yvan Amar - Dis-moi dix mots 2014-2015
Chroniques vidéos d'Yvan Amar - Dis-moi dix mots 2014-2015, © pédagogie - Yvan Amar - dismoidixmots - vidéos

Les chroniques d'Yvan Amar à lire, écouter et visionner

Soumis par Dis-moi dix mots le 20/11/2014

AMALGAME

Amalgame - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Amalgame… Avec ses trois « a » et ses deux « m », voilà un mot qui se dit comme si on le mâchait, comme si on le mastiquait.

Est-ce que, rien qu’à le prononcer, on aurait déjà une indication sur son sens ? Non ! Là, j’exagère un petit peu. Et pourtant, on n’est pas trop surpris de découvrir que ce mot désigne un mélange de plusieurs éléments qui sont si bien mêlés qu’on ne les reconnaît plus, qu’on ne les distingue plus.

Il arrive en français à la fin du Moyen-Âge, et probablement il est emprunté à la langue des alchimistes ou des chimistes arabes, puisqu’à l’époque, on ne fait pas vraiment la différence entre la recherche scientifique et la quête spirituelle.

L’amalgame, il est bien proche de l’alliage, un mélange de métaux qu’on a chauffés jusqu’à les rendre liquides, qu’on a mélangé. Mais aujourd’hui, il évoque une pâte, pas toujours métallique, comme celle dont se servent les dentistes pour soigner les caries, c’est-à-dire pour boucher les trous qui se sont creusés dans les dents. Cette préparation durcit en séchant, et voilà la dent à peu près réparée !

Mais l’amalgame a surtout un sens figuré, dans le langage de la politique. Il s’agit, de façon indirecte, d’assimiler deux réalités : par exemple en mettant en parallèle le nombre des chômeurs et le nombre des étrangers dans un pays, pour faire penser que s’il y avait moins d’étrangers, peut-être il y aurait moins de chômeurs. Ha, l’amalgame ! Et dans ce sens bien sûr, le mot amalgame est péjoratif : on dénonce l’amalgame dans le discours politique de ses adversaires, on le montre du doigt. Mais jamais on ne se vante soi-même d’avoir pratiqué un amalgame !

 

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Chronique d'Yvan Amar - Amalgame - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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BRAVO

Bravo - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Bravo ! Encore bravo !

On voit bien que le mot est une exclamation qui exprime l’enthousiasme : on crie ça debout, à la fin du concert, pour manifester aux musiciens, plus encore aux chanteurs d’ailleurs, qu’on a été sensible à leur prestation. Et si on est vraiment transporté, on a même un superlatif : bravo ! Bravissimo !

Mais attention, le mot signifie plus que cela, parce que c’est aussi un nom commun qui désigne le geste de cette exclamation : le claquement des mains.

Alors, est-ce que ce serait un synonyme d’applaudissement ? Oui et non… Parce que c’est un mot qui désigne le bruit de l’applaudissement. Et c’est bien cela qui le rend étonnant : on s’attendrait à une onomatopée, à une imitation, à un clap-clap quelconque… et en fait, on a un vrai mot, dont la sonorité n’a rien à voir : il sonne, mais il ne claque pas, et c’est ça qui explique ses usages multiples.

Le mot bravo, il est d’origine italienne, le « o » final en témoigne. Il s’apparente à la bravoure.

Et au départ, un bravo, c’était un personnage, c’était celui dont le courage était le métier : il avait le coup d’épée facile, c’était ce que l’on appelait un spadassin, c’est-à-dire en fait un tueur à gages.

Le premier sens du mot donc était proche de la bravade : arrogance, provocation. Et le mot « bravoure », qui n’est pas si fréquent en français d’aujourd’hui, a encore gardé une couleur assez militaire, ou en tout cas belliqueuse : on est brave au combat, quand on n’a pas peur de la mort, et là, est bien loin du geste parfois un petit peu convenu qui témoigne aux artistes du plaisir qu’ils vous ont donné.

 

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Chronique d'Yvan Amar - Bravo - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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CIBLER

Cibler - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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Cibler est un verbe récent qui n’apparaît en français qu’au milieu des années 1970.

Ça fait jeune pour un mot, mais il a un sens particulier par rapport au nom commun dont il dérive, « cible », parce qu’il est lié au jargon de la publicité, et à l’époque la publicité s’est beaucoup développée et a commencé à réfléchir sur son efficacité.

Cette réflexion, elle s’est faite sur le modèle de la guerre. Le plus grand journal destiné aux publicitaires s’appelle Stratégies et il s’agit d’adapter des actions au public qu’on cherche à toucher : on ne parle pas aux retraités comme aux actifs, aux urbains comme aux ruraux. Donc il faut bien « viser » ceux qu’on veut sensibiliser. Et qu’est-ce que l’on vise ? Eh bien une cible.

Cible, c’est un mot qui nous vient d’un dialecte germanique parlé en Suisse et la première image qui nous vient à l’esprit, bien sûr, c’est celle de Guillaume Tell. Mais une cible, ce n’est pas toujours une pomme, c’est une surface ronde qui sert de but dans des jeux d’adresse et qu’on cherche à atteindre avec des flèches ou des munitions et qui souvent est divisée en cercles concentriques. Alors, plus on se rapproche du centre, plus on marque de points et on considère traditionnellement que si le centre est atteint, on touchera mille points. De là des expressions comme « Paf, en plein dans le mille  » ! 

Mais il est facile de passer du jeu à la réalité et la cible va désigner aussi le but à atteindre à la guerre et dans n’importe quelle situation d’affrontement. Il s’agit de ce qu’on vise au combat comme à l’entraînement. Alors on passe à un sens plus abstrait, on est la cible d’une moquerie, d’une calomnie et c’est ainsi que le verbe « cibler » va servir pour exprimer des techniques publicitaires ou même médiatiques. Un journal cible les 18-24 ans ou bien les ménagères de moins de 50 ans pour vendre des sodas, des voitures ou du café.

 

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Chronique d'Yvan Amar - Cibler - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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GRIGRI (ou gri-gri)

Grigri ou Gris-gris - Dis-moi dix mots 2014-2015, par culture-gouv

 

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Un grigri, ça se porte sur soi, parfois dans la poche. Mais la plupart du temps, c’est beaucoup plus près du corps. C’est caché sous les vêtements, c’est accroché à une chaîne, c’est autour du poignet, et cette proximité avec la peau est peut-être à l’origine du mot.

Ce n’est pas sûr, mais on peut penser que le grigri, c’est ce qui gratte, c’est ce qui frôle, c’est le reste d’une onomatopée. En tout cas, c’est un objet extrêmement intime, qui protège, qui veille sur vous à l’insu de tous et, c’est bien connu, si le secret s’évente, le pacte est rompu et le charme n’opère plus. 

Alors ce mot « grigri » sonne bien français avec un redoublement qui fait plus penser au langage enfantin qu’à une langue étrangère, mais qui évoque quand même l’ailleurs, parce qu’on l’utilise davantage en Afrique francophone et aux Antilles et il se nourrit bien plus des magies des tropiques que celles de l’hexagone.

Et pourtant, on ne manque pas d’autres mots pour désigner des objets similaires, on a le talisman qui, lui, sent bon l’exotisme. C’est un vrai mot voyageur parce qu’il nous vient de l’arabe qui lui-même l’avait emprunté au grec.

Et puis, on a l’amulette qui fait très française, même si on ne sait pas quelle est l’origine du mot et qui repose sur la superstition mais s’adosse facilement à la religion chrétienne avec des représentations de saints qui sont censés vous prémunir des accidents de la vie.

On terminera avec le porte-bonheur qui est plus léger, comme s’il n’avait pas besoin de surnaturel pour nous aider à vivre mais c’est positif, ça apporte un petit peu de chance en plus, et on peut penser qu’il fait de l’œil aux numéros de la loterie ou qu’il arrête le nuage juste lorsque l’on est en route pour aller pique-niquer.

 

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Chronique d'Yvan Amar - Grigri - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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INUIT(E)

Inuit, Inuite - Dismoidixmots-2014-2015-inuit-HD, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

Script

Le mot « inuit », il désigne à la fois une langue et ceux qui la parlent, c’est-à-dire un peuple.

Et en plus de cela, le mot inuit a un sens particulier dans la langue inuite. « Inuit », cela veut dire un homme, un être humain. On a donc le même mot pour renvoyer à tous les hommes et à ceux de cette nation. Et ce n’est pas si rare que cela, parce que de nombreux peuples se considèrent comme l’exemple même de l’espèce humaine : qui sommes-nous ? Nous sommes les Hommes !

Aujourd’hui, le terme n’a pas en français de sens figuré particulier, alors pourquoi fait-il partie de notre liste des Dix mots ?

Parce que dans le français courant, le terme « inuit » en a remplacé un autre : esquimau. Et ce dernier a désigné le même peuple, la même langue, avec une origine différente parce qu’il venait d’une autre langue indienne. Et même si les Européens qui ont peuplé le Canada – parce que c’est là-bas que cela se passe - n’en sont pas les inventeurs, c’est ce mot « esquimau » qu’ils ont employé pour renvoyer, de façon un petit peu vague, à tous ceux qui vivaient dans le nord du pays, quelle que soit leur histoire. Alors cette appellation s’est colorée d’une nuance coloniale, qui demeure encore, et c’est pour cela que les Inuits l’ont récusée : ils ne veulent pas qu’on les appelle des Esquimaux.

L’histoire de ce terme ne s’arrête pas là, puisqu’il est associé de façon un peu stéréotypée à l’idée du froid, du fait que les nations inuites, qui font partie de ce qu’on appelle les premières nations, sont originaires des régions arctiques du Canada. Alors cela nous fait comprendre que l’esquimau, c’est aussi une crème glacée industrielle, fichée sur un petit bâtonnet et cela existe bien encore et ça ne saurait être remplacé par un autre mot : pas question de manger un Inuit à l’entracte !

 

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Chronique d'Yvan Amar - Inuit - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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KERMESSE

Kermesse - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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« Kermesse » est un mot intéressant.

D’abord parce que son usage, qui est bien actuel, n’a pas grand-chose à voir avec son étymologie.

C’est un mot qui vient de l’ancien flamand et le « k » à l’initiale est souvent une bonne indication d’une origine germanique.

Alors cela condense deux mots : « kerk », l’église (on retrouve ce radical dans l’anglais church, dans l’allemand Kirche), et « messe », qui a le même sens que le mot français. Donc il s’agit d’une messe d’église ? Oh là, on frôle le pléonasme, parce que la messe se dit rarement en dehors de la maison du Seigneur, et même si on peut la célébrer en plein air, une église virtuelle est là pour envelopper les fidèles.

Mais surtout, la kermesse n’est pas une affaire d’intérieur, de même qu’elle n’est pas liturgique. Elle se situe à la frange entre la vie religieuse et la vie laïque : c’est une fête patronale de village, on célèbre le saint sous la protection duquel on vit, et c’est prétexte à réjouissances. Des réjouissances qui elles-mêmes sont prétexte bien souvent à la peinture, on peut penser à Bruegel et aux nombreuses toiles qu’il a consacrées à des scènes de kermesses.

Le mot, en français, il est né dans le Nord de la France actuelle, en Flandres, et on le trouve en concurrence avec un autre, la ducasse, moins répandu, qui existe encore dans un emploi qui n’a pas vraiment changé depuis son origine.

En revanche, le mot « kermesse », lui, peut s’appliquer à des festivités extrêmement courantes qui englobent toute une série d’activités qui vont du chamboule-tout à la tombola et qui, en général, se terminent par un bal qui va rassembler toutes les générations.

 

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Chronique d'Yvan Amar - Kermesse - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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KITSCH (ou kitch)

Kitsch ou kitch - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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Le mot « kitsch » n’est pas facile à définir parce qu’il représente tantôt un certain style, tantôt un jugement esthétique.

Il apparaît en français au début des années soixante, une époque où le confort, les arts ménagers commencent à se répandre : voitures, télévisions, machines à laver… Et puis parallèlement, une certaine forme d’art apparaît en série ; et certains artistes, comme Andy Warhol aux États-Unis, considèrent plus l’art comme une production que comme une création : on consomme autant qu’on apprécie. Le kitsch, cela désigne d’abord ce rapport à un art de grande diffusion où la notion d’œuvre originale n’a plus cours.

Mais ce sens, aujourd’hui, il est un petit peu oublié, alors que le mot kitsch est encore très présent avec d’autres sens.
Le kitsch est associé à la mode rétro. On retrouve, on assemble des objets un peu désuets, on les recycle. Ce n’est pas que ces objets soient vraiment anciens, ils sont vieillots, ils sont datés.

Et le kitsch consiste à se réjouir de cet aspect démodé, tout en évoquant autre chose d’ailleurs : le mauvais goût. C’est bien subjectif, le mauvais goût. Mais c’est lié à l’idée de clinquant : c’est faux, mais ça brille ! Eh bien, le kitsch, précisément, c’est une façon d’aimer la vulgarité en connaissance de cause : on donne du prix à une œuvre parce qu’elle est bon marché ; on la goûte, parce qu’on en évalue le ridicule ! On encadre, on met en scène une certaine laideur qu’on dédaigne pour en faire un objet d’admiration.

Donc il y a un retournement, on ne sait plus exactement ce qu’on admire : l’œuvre ou son côté décalé ? Et avec cette jubilation paradoxale et légèrement perverse, on est en face du « deuxième degré » considéré comme l’un des beaux arts. 

 

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Chronique d'Yvan Amar - Kitsch - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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SÉRENDIPITÉ

Sérendipité - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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Sérendipité, en voilà un mot compliqué !

Mais justement, c’est pour ça qu’il plaît et qu’on s’en amuse. Son sens est facile à comprendre : il s’agit, lors d’une quête – en général une recherche scientifique – d’un hasard heureux, ou même d’une erreur fructueuse : on cherche quelque chose, on ne le trouve pas tout de suite, et puis voilà qu’on tombe sur ce qu’on ne cherchait pas… mais qui est une découverte beaucoup plus désirable.

Encore faut-il savoir cueillir le fruit de cette errance providentielle : c’est à cela qu’on reconnaît le vrai chercheur, qui est disponible, improvisateur, ouvert à l’émerveillement.

D’où nous vient le mot « sérendipité » ? Eh bien, c’est un homme de lettres anglais, Horace Walpole, qui, le premier, a l’idée de l’utiliser au XVIIIe siècle. Et il le tire d’un conte oriental, qui nous présente les trois princes de Serendip. Ils ont été envoyés par leur père pour découvrir le monde, et ils ne cessent, cherchant le bonheur, de le manquer mais en trouvant autre chose ! Alors le charme de cette histoire initiatique, ou en tout cas éducative, tempère d’une certaine sagesse l’esprit scientifique, et lui donne à la fois une perspective nouvelle et une couleur un peu fataliste.

Quels exemples célèbres a-t-on de cette sérendipité ? Le premier qui vient à l’esprit, c’est la découverte de l’Amérique par un navigateur qui ne cherchait rien d’autre qu’une nouvelle route pour les Indes ! Mais il y en a d’autres. Par exemple, la moisissure, les processus de pourrissement sont en général considérés comme peu souhaitables : ce qui est pourri, on le jette ! Et pourtant, ce sont des moisissures inattendues, produites par l’inattention ou par l’étourderie, qui ont mis sur la piste de la pénicilline d’un côté, et puis du fromage de Roquefort de l’autre. Mais encore une fois, l’étourderie ne suffit pas : il faut être assez malin pour en comprendre et en capitaliser les bénéfices.

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Chronique d'Yvan Amar - Sérendipité - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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WIKI

Wiki - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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Les principaux dictionnaires français mentionnent ce nom masculin, « wiki », qui est pourtant d’un usage relativement peu courant. Ah on l’entend beaucoup, c’est vrai, mais utilisé comme préfixe : on entend « Wikipédia », on entend « wiktionnaire ». Quand on rencontre « wiki » isolé (« il faudrait fonder un nouveau wiki »), eh bien, on a l’impression qu’on est en face d’une abréviation.

Alors cet objet linguistique, « wiki », il nous est familier, mais il vient de loin : il vient de l’anglais, mais l’anglais l’avait trouvé dans la langue hawaïenne. Et en 1995, alors que l’Internet disait à peine ses premiers mots, Ward Cunningham avait créé le site WikiWikiWeb, dont les trois W faisaient écho bien sûr à ceux du World Wide Web.

Mais évidemment, c’est Wikipedia qui installe le préfixe. Il s’agit d’un recueil d’articles sur des sujets extrêmement différents et qui sont écrits par les utilisateurs eux-mêmes qui mettent leurs connaissances à la disposition de tous : c’est ce qu’on appelle un site collaboratif. Alors Wikipédia se décompose facilement : wiki, ça permet une consultation rapide donc, et -pédia parce que c’est la finale d’encyclopedia, un mot anglais qui correspond à « encyclopédie ».

Et cette nouvelle façon de procéder, qui est informelle et gratuite, pourrait s’identifier à cette formule malicieuse, qui devient tout à fait productive : parce qu’on parle de wiktionnaire, on pense au dictionnaire. Et les lexicographes qui construisent ce dictionnaire se mettent en parallèle avec ceux qui, sous la Coupole, à l’Académie française, construisent patiemment leur grand Dictionnaire. Donc, on a des wikidémiciens, et aussi des wikisources et même des wikilivres, pour les ouvrages autoédités, qui suivent un peu le même chemin que ces fameux wiktionnaires. 

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Chronique d'Yvan Amar - Wiki - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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ZÉNITUDE

Zénitude - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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Zénitude ! Voilà un mot tout nouveau, qui est un vrai produit du monde contemporain qu’on se représente souvent comme monde de la vitesse, monde de l’angoisse.

Alors, « zénitude » est formé sur un autre mot très ancien : le bouddhisme zen est une forme de religion qui est née en Inde, passée en Chine, puis au Japon. Et depuis les années1960-1970, beaucoup de gens en Occident s’intéressent à cette pratique spirituelle, qu’on n’expliquera pas en deux mots, mais dont on retiendra une pratique du détachement : il faut prendre de la distance par rapport aux  secousses de la vie. Et cette recherche de sérénité, elle a plu à ceux qui se sentaient emprisonnés par la vie moderne et son stress. 

Alors, le mot zen s’est répandu dans le vocabulaire français au tournant des années 1980, d’abord comme adjectif (il faut savoir « rester zen ») et parfois même comme interjection : zen ! C’est-à-dire : ne cédons pas à la panique, à l’affolement, prenons du recul. Et cet usage, il est probablement bien galvaudé par rapport au  sens d’origine, mais il s’est répandu dans une langue familière, on dit ça avec le sourire.

Ce qui permet d’inventer un autre mot : « zénitude ». La terminaison indique bien son usage : à la fois un état de sérénité et une manière d’être. Et ce suffixe -itude, il renvoie à deux mots sous-jacents : d’abord l’habitude, on pense à une tranquillité coutumière, et surtout l’attitude, c’est-à-dire un maintien, une posture, un état d’esprit, une disposition générale. La zénitude donc évoque une façon d’habiter son corps, d’évacuer les tensions, et de retrouver peut-être une paix intérieure.

 

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Chronique d'Yvan Amar - Zénitude - Dis-moi dix mots 2014-2015, par CANOPÉ-CNDP – 2014

 

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Écoutez également les ressources liées aux mots des éditions précédentes.
 

 

 

 

 

 

Les chroniques d'Yvan Amar à lire, écouter et visionner
Fiches pédagogiques FLE - Dis-moi dix mots 2014-2015
Fiches pédagogiques FLE - Dis-moi dix mots 2014-2015, © pédagogie - FLE - français langue étrangère - dismoidixmots

Fiches pédagogiques "Français Langue Étrangère"

Soumis par Dis-moi dix mots le 05/11/2014

Parmi les nouveautés de l’édition 2015 figurent les 10 fiches pédagogiques FLE. 

Elles sont spécifiquement destinées aux élèves de niveau « Français Langue Étrangère».

À chaque mot correspondent des propositions d’activités : recherche de définitions, création de mots nouveaux, écriture d’un roman-photo… 

Les corrigés sont intégrés dans le pdf ci-dessous, à la suite de chacun des dix mots.

En complément retrouvez les films d'Yvan Amar sur la chaîne DailyMotion du ministère de la Culture et de la Communication.

Pour les collégiens « Français Langue Maternelle » et « Français Langue Secondaire » (FLM/FLS) une brochure pédagogique et son corrigé sont disponibles dans la rubrique Ressources.

dismoidixmots-fiches-pedagogiques-fle-2014-2015.pdf, par CANOPÉ-CNDP – 2014 / Polysémique

 

Fiches pédagogiques "Français Langue Étrangère"
Brochure pédagogique
Brochure pédagogique, © MCC / Polysémique

Brochure pédagogique : un outil complet pour les encadrants

Soumis par Dis-moi dix mots le 04/11/2014

Cette brochure s'adresse aux enseignants de "français langue maternelle" ou "française langue seconde" (FLM/FLS) et leurs élèves.

Destinée à approfondir leur connaissance des dix mots, elle propose des exercices, des jeux, des textes, ainsi que les affiches de l'exposition joyeuses et ludiques. 

Elle est disponible gratuitement sur commande  ou consultable et téléchargeable ci-dessous
Si vous êtes enseignants, vous pouvez la retirer librement dans tous les Ateliers Canopé et à la librairie de l’éducation de votre secteur. 
Retrouvez vos contacts dans chaque académie. 
Vous habitez à l'étranger ? Contactez l'Institut français.

Sont également à votre disposition sur ce site, dix fiches pédagogiques spécialement adaptées ont été conçues pour les élèves de niveau FLE (A1-B2) avec leurs corrigés inclus dans le fichier.

Brochure pédagogique Dis-moi dix mots 2014-2015.pdf, par CANOPÉ-CNDP – 2014 / Polysémique

Consultez ou téléchargez les corrigés de la brochure pédagogique ci-dessous :

dismoidixmots-brochure-pedagogique-2014-2015-corriges.pdf, par CANOPÉ-CNDP – 2014 / Polysémique

 

Brochure pédagogique : un outil complet pour les encadrants
Exposition Dis-moi dix mots édition 2014-2015
Exposition Dis-moi dix mots édition 2014-2015, © Canopé-CNDP / Institut français — 2014 / Polysémique

Une exposition haute en couleurs, les dix mots qui dansent

Soumis par Dis-moi dix mots le 03/11/2014

Cette année, les 12 panneaux de l’exposition (format : 60 × 90 cmse présentent sous forme de citations travaillées graphiquement, dans un esprit joyeux et ludique.

Grigri est niché au cœur d’un trèfle à quatre feuilles, cibler est cerné de flèches, inuit apparaît discrètement sous des lettres enneigées… Les mots dansent ainsi, sous les plumes de Robert Charlebois, Gustave Flaubert, Arthur Rimbaud, Blaise Cendrars, Roland Barthes, Victor Hugo, Paul Vialar, Henri Kaufman ou Mohamed Kacimi.

Vous êtes ville ou village partenaire ? Commandez l'exposition dès à présent et réceptionnez-la sous une quinzaine de jours.

Exposition Dis-moi dix mots 2014-2015.pdf, par Canopé-CNDP / Institut français — 2014 / Polysémique

 

Une exposition haute en couleurs, les dix mots qui dansent
Livret Dis-moi dix mots 2014-2015
Livret "Dis-moi dix mots... que tu accueilles", © MCC / Polysémique

Livret des dix mots

Soumis par Dis-moi dix mots le 16/09/2014

Plongez-vous dans le livret des dix mots et partez à la découverte de textes inédits écrits par plusieurs auteurs francophones :​ Amal Sewtohul (Île Maurice), Pierre Lepori (Suisse), Beat Christen (Suisse), Khadi Hane (Sénégal), Dominique Demers (Canada), Jean-Luc Outers (Belgique), Ariane Le Fort (Belgique),  Dominique Sigaud (France), Mohamed Kacimi (Algérie) et Louise Portal (Canada).

 Venus de différents horizons, ils reflètent la culture propre à chaque pays et illustrent la dimension francophone de la Semaine de la langue française et de la Francophonie.

 

Livret "Dis-moi dix mots... que tu accueilles", par Polysémique

 

Vous aussi, emparez-vous des dix mots et publiez vos textes dans l'espace de contribution qui vous est dédié :  "la Chaîne des mots".

Les meilleurs seront mis en valeur sur la page d'accueil du site et relayé sur les réseaux sociaux.

Livret des dix mots
François Morel - humoriste
François Morel, © Georges Lambert

La dictée des dix mots de F. Morel

Soumis par Dis-moi dix mots le 15/09/2014

L'humoriste et chroniqueur sur France Inter​ François Morel​, Prix Raymond-Devos 2013, s'empare des dix mots pour notre plus grand bonheur : à vos stylos !

Dictée "Dis-moi dix mots... que tu accueilles" par F. Morel, par culture-gouv

François Morel est également acteur, scénariste, chanteur, il a été nommé cette année au "Molière du spectacle de sketches" pour La fin du monde est pour dimanche.

Il est temps de corriger sa copie !

Dictée "Dis-moi dix mots... que tu accueilles" par F. Morel, par F. Morel / Polysémique

 

La dictée des dix mots de F. Morel
45094167.jpg
45094167.jpg, © Cécile Gambini

Bibliographie jeunesse : des mots français venus d'ailleurs

Soumis par Dis-moi dix mots le 13/08/2014

Cette bibliographie recense des titres d'ouvrages qui  illustrent la thématique 2014-2015 autour des mots français venus d'ailleurs.

Cette sélection est proposée par le Centre national de la littérature pour la Jeunesse - La Joie par les livres - Bibliothèque nationale de France.

Les cotes mentionnées indiquent que l’ouvrage est soit en libre-accès dans la salle I de la Bibliothèque d’étude (niveau Haut-de-jardin), soit en magasin consultable sur demande, en salle I.
Bibliothèque nationale de France - Centre national de la littérature pour la jeunesse – La Joie par les livres
Quai François Mauriac
75706 Paris Cedex 13
Téléphone: 01 53 79 55 90
cnlj-jpl.contact@bnf.fr

 

bibliographiedesmotsvenusdailleurs.pdf, par © Bibliothèque Nationale de France

 

Bibliographie jeunesse : des mots français venus d'ailleurs
A l’eau Mariétou - Marie-Félicité.jpg
A l’eau Mariétou - Marie-Félicité.jpg, © Clémentine Sourdais

Bibliographie jeunesse sur la francophonie

Soumis par Dis-moi dix mots le 06/08/2014

Cette bibliographie recense des titres qui, d’une manière ou d’une autre, « parlent » des pays et régions francophones.

Ils sont signés d’auteurs et d’illustrateurs de ces régions, mais aussi par d’autres.

Cette sélection est proposée par le Centre national de la littérature pour la Jeunesse - La Joie par les livres - Bibliothèque nationale de France.

On peut trouver de nombreuses autres références dans les numéros de Sélection annuelle de La Revue des livres pour enfants « Livres pour la jeunesse en Afrique, Caraïbes, Océan Indien, et Monde arabe », et « Livres pour la jeunesse au Québec », ainsi que dans la revue en ligne Takam Tikou.

Les cotes mentionnées indiquent que l’ouvrage est soit en libre-accès dans la salle I de la Bibliothèque d’étude (niveau Haut-de-jardin), soit en magasin consultable sur demande, en salle I.
Bibliothèque nationale de France - Centre national de la littérature pour la jeunesse – La Joie par les livres
Quai François Mauriac
75706 Paris Cedex 13
Téléphone: 01 53 79 55 90
cnlj-jpl.contact@bnf.fr

Les analyses sont extraites du catalogue du CNLJ-JPL, accessible en ligne,
Et des sélections de Takam Tikou, consultables sur : http://www.takamtikou.fr/
Les ouvrages sont classés par zones géographiques, et à l’intérieur, par ordre alphabétique d’auteurs.

FRANCOPHONIE

Association deci-delà
Ce site s’avère être une véritable mine d’or : on y trouve soixante-dix huit contes, racontés en français et dans leur langue d’origine, en provenance du Mali, du Sénégal, de Mauritanie, du Maroc et d’Haïti (pas de version créole). C’est un vrai régal de les entendre racontés par Mimi Barthélémy, Hamed Bouzzine, Pape Faye, Mamadou Sall, Ousmane Diarra et tant d’autres. À noter le travail de diction pour permettre aux enfants ne maniant pas très bien la langue de tout comprendre. Si son graphisme est basique, le site est facile à utiliser. De nombreux liens élargissent encore les possibilités pédagogiques ou informatives sur les contes.
Site Internet pour tous.
 
Bleys, Olivier
Voyage en francophonie : une langue autour du monde, avant-propos, Abdou Diouf. Paris, Autrement, 2010. 63 p.
Magasin – CNLJ-JPL – [DL 8° 7470]
Un ouvrage publié à l’occasion du quarantième anniversaire de la création de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), née comme « Agence de Coopération Culturelle et Technique » (ACCT) en 1970. Il dresse un portrait « officiel » de cette structure intergouvernementale fondée « sur le partage d’une langue – le français – et de valeurs communes telles que la diversité culturelle, la paix, la démocratie ou le développement durable ». Abondamment illustré de photographies, ce documentaire est utile pour connaître, selon son propre discours, l’histoire, les objectifs et les actions de l’OIF.
Documentaire à partir de 12 ans.
 
Henry, Jean-Marie, éd.
LSGU : anthologie de poèmes francophones pour les enfants, ill. Cécile Gambini. 56 p. (La poésie)
Salle I – [EP 110 HEN f]
À l’occasion de l’année de la francophonie, cette anthologie « en français dans le texte » réunit quelque 70 poèmes, dont quelques-uns inédits, qui viennent de 32 pays : du Québec à Haïti, de la Belgique au Sénégal ou au Vietnam… Certains sont drôles, d’autres plus désespérés, mais le choix est toujours remarquable et il y en a pour tous les goûts et pour toutes les humeurs. L’illustration contribue également à la réussite de cet ouvrage avec, pour certaines pages, de grandes images, pour d’autres juste un dessin ou des collages.
Poésie à partir de 9 ans.
 

Afrique

Atakpama, Gnimdewa
Sauve-souris !, ill. Nicolas Hubesch. Paris, L’École des loisirs, 2011. [24] p.
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL 2827]
Une souris, heureuse propriétaire d’une immense plantation de bananes, n’entend pas une seconde en faire profiter d’autres et chasse une adorable chauve-souris venue très poliment lui demander la permission de se servir. L’égoïsme et la radinerie de la première vont être mis à mal par l’ingéniosité et la malice de la seconde ! Vive le partage des richesses ! L’extrême simplicité et l’humour de l’auteur de Tolo-Tolo s’accommodent parfaitement du style graphique expressif et dynamique de Nicolas Hubesch.
Album à  partir de 3 ans.
 
Atangana, Louis
Ma. Arles, Rouergue, 2012. 112 p. (DoAdo)
Salle I – [Actualité de l'édition]
Félix lit, à l’inverse des gamins désœuvrés de son village africain. Le vieux Jonas lui a appris. Ma, sa vieille mère, enrage : lire empêche de travailler ! Elle n’apprécie pas plus son amour pour Magali, rencontrée dans la forêt. Car Ma a un secret… Au cadre réaliste se mêlent des éléments irrationnels, cocasses qui rappellent l’univers de Garcia Marquez. L’écriture rude presque brutale et la verve poétique réservent ce récit aux lecteurs chevronnés.
Roman à partir de 13 ans.
 
Balland, Bernadette
Guy-Noël, Victor et Flore vivent au Rwanda, ill. Sophie Duffet. Paris, De La Martinière Jeunesse, 2009. 47 p. (Enfants d’ailleurs, 19)
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL D 17490]
Le Rwanda est un pays qui a connu une histoire particulièrement tragique depuis son indépendance en 1962 : deux massacres perpétrés par la majorité hutue contre la minorité tutsie. Guy-Noël, jeune Tutsi, essaie de vivre avec sa famille dans le Rwanda de l’après-massacre et d’en comprendre l’histoire. Victor, jeune Hutu, vit avec une dure réalité : son père Isaac a participé aux massacres et il est en prison en attendant d’être jugé. Enfin, la jeune Flore fait partie de la toute petite minorité des Twas, restée en dehors des tueries. Bernadette Balland montre, dans un récit sobre et digne, comment les autorités et les populations tutsi et hutu font pour se réconcilier et revivre ensemble.
Documentaire à partir de 11 ans.
 
Ben Jelloun, Tahar
L’école perdue, ill. Laurent Corvaisier. Paris, Gallimard Jeunesse, 2007. 96 p. (Folio junior, 1442)
Magasin – CNLJ-JPL – [DL 8° 6211]
Dans un petit village misérable de l’Afrique de l’Ouest, un narrateur anonyme nous raconte son enfance, ses apprentissages – entre l’école, la mosquée et ses rêves de fils de pauvre épris d’émancipation. Revenu comme instituteur, plein du désir de faire partager à ses élèves sa soif de connaissances et d’ouverture sur le monde, il se heurte au poids des traditions et aux pouvoirs locaux.
Roman à partir de 11 ans.
 
Boillat, Joanna
Les contes africains. Paris, Grund, 2011. 176 p.
Salle I  - [Actualité de l'édition]
Ce livre est la reprise d’une partie des contes africains publiés chez Gründ en 1992 : 29 ont été retenus sur les 44. Les contes dont l’origine ethnique et géographique est mentionnée, sont variés, tirés aussi bien du répertoire animalier que merveilleux. On a plaisir à retrouver ces thèmes universels sous le ciel d’Afrique, dans des histoires « chaudes comme le soleil, désaltérantes comme la source et piquantes comme le piment ». Les illustrations sont tout à fait adaptées aux textes, elles accompagnent agréablement la lecture.
Contes à partir de 9 ans.
 
Bureau, Aline
Almoctar Diarra : dit Maître Tailleur à Bandiagara. Champigny-sur-Marne, Lito, 2009. [24] p. (Les Albums)
Magasin – CNL-JPL  – [DL FOL 1487]
Il y a très longtemps, Almoctar Diarra, le vieux maître tailleur, a confectionné le plus beau boubou du monde. Mais aucune femme n’a jamais pu lui donner vie. Les clientes défilent, et les années passent ;  les jeunes Maliennes commencent à s’habiller comme en Europe… Et voici qu’un soir, une petite vieille entre dans sa boutique. C’est l’amie d’enfance d’Almoctar, partie depuis très longtemps… Un album grand format splendide par son illustration et sa belle histoire d’amour.
Album à partir de 7 ans.
 
Chiesa Mateos, Mariana
Les migrants. Paris, Le Sorbier, 2010. [64] p. (Les Ethniques)
Trad. de : Migrando
Magasin – CNLJ-JPL – [8° 4867]
Départs déchirants, canots bondés, maisons de fortune, passage de barbelés : ces quelques images chocs de cet album sans texte viennent en opposition avec la représentation des Occidentaux en maillots de bain qui aperçoivent au loin ces embarcations précaires… Le livre, en tête bêche, se lit également dans le sens inverse, montrant que, à une autre époque, de nombreux Européens ont, eux aussi, dû fuir leurs racines pour s’expatrier et sont devenus des « oiseaux migrateurs ». À travers des dessins d’ombres et de lumières, de départs et d’arrivées, résonnent le courage, la déchirure, l’espoir, et le désir d’accueil… Un album beau, émouvant et fort, qu’un adulte pourra aider l’enfant à interpréter. Il est soutenu par Amnesty International qui y voit « une manière subtile et poétique d’aborder le devoir de protection et le droit d’asile ».
Documentaire à partir de 5 ans.
 
Ebokea, Marie-Félicité
A l’eau Mariétou !, ill. Clémentine Sourdais. Paris, le Sorbier, 2010. [32] p. (Les Etniques)
Magasin – CNL-JPL  – [FOL 2635]
On retrouve, dans ce deuxième album de la série, la petite Mariétou et tout l’univers de son quartier à Douala, au Cameroun. Le récit de cet album tient à un événement exceptionnel : la classe de Mariétou va passer une journée à la mer. Mais pour apprendre à nager, il faut absolument un maillot de bain de championne. Mariétou convainc ses parents et, en attendant le grand jour, fanfaronne… Mais devant la mer, la peur l’emporte : et si Mamywater existait vraiment ?… Un album qui allie un texte simple et efficace à des illustrations toniques, colorées : l’auteure et l’illustratrice ont fait le choix d’ancrer cette histoire dans une Afrique du quotidien, loin de l’anecdotique, du folklorique ou de l’ailleurs idéalisé.
Album à partir de 3 ans.
 
Ebokea, Marie-Félicité
Le voyage à Matinkin, ill. Pascale Bougeault. Paris, Belin, 2011. 110 p. (Terres insolites)
Salle I – [Actualité de l'édition]
Ayolée attend un bébé ; elle devait épouser le père de l’enfant, Manilé, mais il est parti sans prévenir pour Matinkin, la grande ville qui l’attire tant… Il s’agit de découvrir l’Extrême-Nord du Cameroun. Pari réussi tant, sans aucune lourdeur didactique, on voyage dans cette région à travers ce texte et ses nombreuses illustrations (carte géographique incluse)… L’auteur et l’illustratrice ont séjourné ensemble au Cameroun en 2010. Leur proximité avec le terrain, ainsi que leur complicité pour la création de cet ouvrage, sont manifestes.
Roman à partir de 11 ans.
 
Goby, Valentine
Adama ou La vie en 3D : du Mali à Saint-Denis, ill. Olivier Tallec. Paris, Autrement Jeunesse, 2008. 80 p. (Français d’ailleurs)
Salle I – [ED 220 GOB a]
Ce docu-fiction aborde l’histoire d’une famille malienne, installée en France depuis les années 70, à travers le journal d’Adama. Loin de tout manichéisme, sans jamais forcer le trait, le journal de ce jeune collégien né en France nous livre ses interrogations sur le pays d’origine de ses parents et leurs motivations à venir s’installer en France. Un premier voyage au Mali lui apportera des réponses nuancées. Des illustrations à la fois sombres, lumineuses et colorées, rythment le récit en multipliant les regards.
Documentaire à partir de 9 ans.
 
Jean, Didier
Paris-Paradis, 1, Didier Jean & Zad, ill. Bénédicte Némo. Albussac, 2 vives voix, 2011. [37] p. (Bisous de famille)
Salle I – [Actualité de l'édition]
Didier Jean et Zad sont des auteurs engagés. Avec ce livre, ils permettent aux enfants de réfléchir à tout ce que suppose la décision de quitter son pays, sa famille, ses traditions pour les mirages de Paris Paradis. Moussa le jeune homme, rêve de revenir riche au pays et ne voit que ceux pour qui l’expérience de l’émigration a été une réussite. Sa mère et le griot du village, ponctuant leur propos de proverbes africains, le mettent en garde en lui racontant le terrible destin de tous ceux qui ont échoué. Moussa part, va au bout de son rêve.Les illustrations de Bénédicte Nemo, qui est née et a grandi au Sénégal, offrent, dans ces  grands tableaux aux couleurs chaudes, une représentation assez naïve de la vie quotidienne en Afrique, proche de celle qu’on trouve dans les sous-verres des artistes sénégalais
Bande dessinée à partir de 6 ans.
 
Kalouaz, Ahmed
Je préfère qu’ils me croient mort. Rodez, Le Rouergue. 2011. 99 p. (DoAdo, Monde)
Salle I – [Actualité de l'édition]
Kounandi a été repéré au Mali comme un footballeur prometteur par un recruteur. Grâce à la  « tontine », sa famille l’envoie en France. Mais rien ne se passera comme annoncé. L’enfant multiplie les petits tournois, avant d’être livré à lui-même. Il décide de poursuivre son objectif, et tente de rejoindre un club qui voudra peut-être de lui… Une errance plutôt que le retour au pays… Ahmed Kalouaz prête à son personnage une voix belle et poignante. Ce récit très dur – qui n’évite pas quelques figures caricaturales – évoque un sujet peu médiatisé.
Roman à partir de 13 ans.
 
Keita, Fatou
Tout rond, ill. Kyoko Dufaud. Abidjan, CEDA, Nouvelles Éditions Ivoiriennes, 2009. 31 p.
Salle I – [I 666.8 KEI t]
« Tout rond » est un petit garçon rondelet, et tout le monde se moque de lui. Il adore manger mais il n’aime pas qu’on le chahute et ça le rend désagréable : il se bat avec les enfants de sa classe, boude dans son coin et devient de plus en plus malheureux jusqu’à ce que sa mère lui donne « le secret de Madame Bonnehumeur ».Il n’y a pas beaucoup d’albums qui traitent de l’obésité des enfants… L’objectif ici n’est pas de convaincre l’enfant de perdre du poids mais de l’aider à s’accepter et à accepter les autres. L’histoire est tendre, écrite de façon enlevée et les illustrations sont efficaces. On craque complètement pour ce petit bonhomme au visage et aux attitudes si expressifs. On ne connaîtra pas le secret de sa métamorphose mais on comprend que le rire et la bonne humeur sont des armes redoutables.
Album à partir de 4 ans.
 
Kongbo, Benoît
Ali Boum Yé : le combat du siècle. Paris, Oskar Jeunesse, 2008. 180 p. (Junior)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° 2137]
Un jeune auteur de République Centrafricaine signe ici son premier roman pour la jeunesse. Bangui et les rues d’un quartier populaire en sont le cadre, tandis que Nango, dit Go, orphelin de 14 ans, « sale gosse frétillant », attachant en diable, en est le héros narrateur. Pas d’école, si ce n’est celle de la grand-mère qui l’élève, celle de la rue et celle du cinéma populaire qui lui offre un jour le choc décisif : le combat légendaire qui, en 1974 à Kinshasa, opposa les boxeurs Mohamed Ali et Georges Foreman.
Roman à partir de 12 ans.
 
Mankell, Henning
Le roman de Sofia, trad. du suédois par Agneta Ségol et Marianne Ségol-Samoy. Paris, Flammarion, 2011. 548 p. (Tribal)
Trad. de : Eldens hemlighet ; Eldens g°ata. Et de  Eldrens vrede
Salle I – [Actualité de l'édition]
Un gros livre de 548 pages qui regroupe trois romans publiés à une dizaine d’années d’intervalle, les deux premiers sont parus dans la collection Castor poche – « Le Secret du feu », en 1998, et « Le Mystère du feu » en 2002 – et un titre inédit, « La Colère du feu ». Trois romans pour trois épisodes de la vie de Sofia, jeune Mozambicaine au destin tragique.
Roman à partir de 15 ans.
 
Mwankumi, Dominique
Les petits acrobates du fleuve. Paris, L’École des loisirs, 2002. 37 p. (Archimède)
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL A 10921]
Nouvelle édition, 2008, dans la collection « Lutin poche »
Comme tous les enfants du village de Sakata, Kemba guette l’arrivée du bateau-courrier sur le Congo. Défiant le grand fleuve, les enfants embarquent sur leur frêle pirogue et approchent le bateau chargé des marchandises tant convoitées. Aujourd’hui Kemba tente sa chance, armé d’un simple gri-gri et d’audace. Il doit dompter les flots tumultueux et les tourbillons, ne pas céder, forçant l’admiration des parents restés sur la berge. Quand enfin, il réussit à se hisser à bord, il sera heureux d’acheter ce que sa mère lui a demandé : un savon et un tee-shirt ! Dominique Mwankumi sait rendre cette histoire touchante par la simplicité de son récit et la force de ses peintures chaudes et lumineuses.
Album à partir de 6 ans.
 
Mwankumi, Dominique
Prince de la rue. Paris, L’École des loisirs, 1999. 40 p. (Archimède)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° F 28675]
Nouvelle édition, 2001, dans la collection « Lutin poche »
Dans les faubourgs de Kinshasa, deux enfants congolais fabriquent et vendent, pour subsister, des jouets en fil de fer. Le happy end apporte la touche d’espoir nécessaire. Les lumineuses illustrations à l’aquarelle rendent parfaitement l’atmosphère de la rue.
Album à partir de 6 ans.
 
Mwankumi, Dominique
Wagenia : les pêcheurs intrépides du Congo, « pour en savoir plus » par Isidore Nadaywel è Nziem. Paris, L’École des loisirs, 2009. 46 p. (Archimède)
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL D 17782]
L’auteur nous emmène une nouvelle fois sur les rives du fleuve Congo, aux côtés de Mopeta, un jeune garçon qui va apprendre le métier de pêcheur au sein de la communauté Wagenia. On retrouve avec bonheur ses magnifiques illustrations, dont les tonalités chaudes et l’énergie nous transportent au cœur de l’Afrique et transcendent un texte simple. Le dossier documentaire très riche établi par un historien congolais complète le récit par une présentation de la République démocratique du Congo. Petit bémol cependant, l’histoire et le dossier s’adressent à des tranches d’âge différentes.
Album à partir de 6 ans.
 
Mbaye Ndaak, Babacar
La danse de la pluie : poème wolof, trad. et adapt. du wolof (Sénégal) par Babacar Mbaye Ndaak et Alain Serres, ill. Sandra Poirot-Chérif. Paris, Rue du Monde, 2008. 20 p. (Petits géants du monde)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° F 55009]
Adaptation d’un poème de Babacar Mbaye Ndaak, conteur et pédagogue sénégalais, célébrant l’arrivée de la pluie. Les enfants l’avaient demandée avec leur danse, c’est la joie ! L’illustration, magnifique, exulte de lumière et de bonheur. Texte original wolof en fin de volume.
Poésie à partir de 3 ans.
 
Petit, Xavier-Laurent
Mon petit coeur imbécile, Xavier-Laurent Petit. Paris, L’École des loisirs, 2008. 133 p. (Neuf)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° 2228]
Sisanda a neuf ans, vit dans un village au cœur de l’Afrique et a une malformation cardiaque qui l’empêche de vivre normalement : elle ne peut ni jouer, ni courir, à peine marcher, et il vaut mieux qu’elle évite les émotions fortes… Sa mère Maswala, qui court tous les jours autour de son village « parce que ses jambes l’y poussent », découvre qu’elle pourrait obtenir beaucoup d’argent en gagnant un marathon : et ainsi, faire opérer sa fille dans « le meilleur hôpital du monde ». Des chapitres courts, un exotisme où tout sonne juste sans être appuyé, une histoire prenante… Pour connaître « de l’intérieur » une autre culture.
Roman à partir de 11 ans.
 
Pinguilly, Yves
Frissons de foot à Bangui : gbanda a yingi !, ill. Laurent Corvaisier. Voisins, Rue du monde, 2010. 111 p. (Roman du monde, 20)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° 3963]
Après « Penalty à Ouagadougou » (disponible chez Magnard Jeunesse, 2005) et « Le Ballon d’or » (réédité chez Rageot en 2006), voici un nouveau « roman de football en Afrique » d’Yves Pinguilly. Son sous-titre, Gbanda a yingi !, signifie « le filet a tremblé » en sango… Car nous sommes cette fois à Bangui, capitale de la République Centrafricaine. Zangba, un orphelin très pauvre, est un excellent joueur. Mais il n’est pas choisi pour jouer la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) Juniors, car le père, très riche, d’un autre jeune a donné un pot-de-vin à l’entraîneur… Et voilà qu’arrive en ville le Président de la Fédération africaine de foot… Une bonne histoire rehaussée par les illustrations magnifiques, très présentes.
Roman à partir de 9 ans.
 
Prévot, Franck
Wangari Maathai, la femme qui plante des millions d’arbres, ill. Aurélia Fronty. Paris, Rue du Monde, 2011. 45 p. (Grands portraits)
Salle I – [Actualité de l'édition]
La vie de Wangari Maathai, fille de fermiers, bascule grâce à l’école. Première Kenyane licenciée de biologie, elle décroche une bourse pour les États-Unis. De retour dans son pays, elle fonde en 1977 le Mouvement de la ceinture verte pour lutter contre les ravages de la déforestation. Cette militante s’oppose aussi au dictateur Daniel Arap Moi pour réclamer la démocratie, malgré les emprisonnements et les menaces ; elle reçoit en 2004 le prix Nobel de la paix. Pour nous faire partager ce destin exceptionnel, Franck Prévot a su créer un texte simple et facile à lire, qui ne sacrifie en rien la complexité du propos et des idées défendues. Les belles illustrations d’Aurélia Fronty, saturées de couleurs, avec quelques influences africaines mais aussi des effets poétiques et symboliques, donnent un souffle supplémentaire à l’histoire. Un dossier documentaire permet d’aller plus loin. Une superbe réalisation qui allie qualité documentaire et plaisir des yeux.
Documentaire à partir de 9 ans.
 
Simon, Quitterie
Pas d’école pour Tisha, ill. Julie Mercier. Toulouse, Milan Jeunesse, 2010. 37 p. (Milan poche cadet, Ici et là-bas, 116)
Magasin – CNLJ-JPL – [DL 8° 5008]
Un tout petit livre (40 pages et beaucoup d’illustrations), très simple, sans pathos ni froideur, qui dénonce le trafic d’enfants esclaves. Un roman réellement à la portée des plus jeunes car il n’entre pas dans les détails mais montre simplement comment la jeune Tisha et sa maman ont été manipulées. Si l’histoire de Tisha connaît une issue heureuse, ce n’est malheureusement pas le cas pour des milliers d’autres fillettes.
Roman à partir de 8 ans.
 
Schulz, Hermann
Mandela et Nelson, trad. de l’allemand par Dominique Kugler. Paris, L’École des loisirs, 2011. 188 p. (Neuf)
Trad. de : Mandela und Nelson
Salle I – [Actualité de l'édition]
Dans trois jours, il y a match international à Bagamoyo (Tanzanie). Les visiteurs : des jeunes venus d’Allemagne que l’on dit redoutables. L’équipe locale : une bande de gamins aux pieds nus dont certains ne peuvent pas toujours se libérer de leur travail pour venir s’entraîner et… trois filles. Nelson, le capitaine de l’équipe, se fait du souci : comment mettre aux normes internationales leur terrain ? Quelle stratégie choisir ? Et surtout, les jeunes allemands accepteront-ils de jouer contre des filles ? Parmi les filles, il y a Mandela, la sœur jumelle de Nelson, qu’il adore autant qu’il la redoute… L’auteur réconcilie toutes les nations autour de cette partie de foot, bien menée, vivante, extrêmement drôle où le résultat compte moins que toutes les difficultés à résoudre pour que le match ait lieu.
Roman à partir de 11 ans.
 
Serres, Alain
Mandela : l’Africain multicolore, Alain Serres, images de Zau. [Voisins-le-Bretonneux], Rue du monde, 2010. 63 p. (Grands portraits)
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL 2037]
Icône du XXe siècle, Mandela incarne par son parcours exemplaire le combat pour les droits de l’homme. Le récit retrace avec sobriété les différentes étapes d’une vie au service de la défense du droit des noirs dans un pays alors gouvernés par les seuls blancs, marquée par 27 années d’emprisonnement. L’illustrateur joue avec subtilité des couleurs pour opposer les années de liberté et les années de captivité, les unes multicolores, les autres bistres. Un dossier clôt le volume.
Documentaire à partir de 11 ans.
 
Tadjo, Véronique
Ayanda, la petite fille qui ne voulait pas grandir, ill. Bertrand Dubois. Arles, Actes Sud Junior, 2007. 40 p.
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL A 11573]
Ayanda est une petite fille heureuse, jusqu’au jour où son père, qui a été enrôlé comme soldat, disparaît. En révolte contre le monde cruel des adultes, elle décide de rester petite. Elle recommencera à grandir pour aider sa famille frappée par la maladie et deviendra géante pour chasser les bandits qui terrorisent le village. Enfin, victorieuse et apaisée, elle retrouve une taille normale et reprend le fil de sa vie. Bertrand Dubois, jeune illustrateur, en propose une somptueuse et flamboyante interprétation.
Album à partir de 6 ans.
 
Tadjo, Véronique
Nelson Mandela : non à l’apartheid. Arles, Actes Sud Junior, 2010. 95 p. (Ceux qui ont dit non)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° 5521]
Véronique Tadjo donne la parole à Nelson Mandela. Il livre l’essentiel des moments importants ayant marqué son existence depuis son arrivée en juin 1941 à Johannesburg – et la prise de conscience des injustices faites à la population noire – jusqu’à avril 1994 quand il devient le premier Président noir de la République sud-africaine. Ce large panorama propose plus que l’histoire d’un homme, c’est aussi l’histoire d’un pays et des luttes qui ont conduit à la fin de l’apartheid, les deux étant liées. Au parcours « officiel » de Nelson Mandela se juxtaposent des considérations « personnelles », tant familiales que d’ordre psychologique, avec l’évolution de ses idées, ses engagements et ses doutes aussi, voilà un autre point fort de l’ouvrage.
Documentaire à partir de 13 ans.
 
Wabbes, Marie
Bayaya chasseur d’éléphants. Nîmes, Grandir, 2011. [31 p.]
Salle I – [Actualité de l'édition]
La vie suit son cours à Mindif, un gros village du Nord-Cameroun. Bayaya se met en route pour chercher les oignons que sa mère lui a demandés pour le repas du soir. En arrivant au champ, le garçon est paralysé de frayeur : les éléphants sont tranquillement en train de manger le maïs de tante Aminata ! Les hommes du village se mobilisent pour les chasser en faisant du bruit, mais tout a été mangé ou piétiné… Tout, sauf trois oignons que Bayaya est fier de donner à sa mère. Le texte de ce grand album cartonné est vivant et facile à lire. L’illustration, à l’aquarelle, dépeint le cadre de vie à Mindif, joliment et en toute simplicité. L’album, basé sur une histoire vraie, est suivi d’un petit complément documentaire.
Album à partir de 6 ans.
 
Weishar-Giuliani, Valérie
P’tit tigre, ill. Laure Phélipon. Abidjan, CEDA / Nouvelles Éditions Ivoiriennes, 2010. 23 p.
Salle I – [I 666.8 WEI p]
Tendresse et angoisse mêlées, pour cette histoire à hauteur de tout petit sur le mode de la randonnée, légère et marquée d’un brin d’humour. P’tit tigre, en se réveillant, ne trouve plus sa mère, et, choqué au point de ne plus savoir comment elle s’appelle ni à quoi elle ressemble (il est permis d’en douter !), se lance à sa recherche. Et de demander tour à tour à éléphant, hippopotame, zèbre, girafe… si par hasard il ne serait pas sa mère ! Mais ce n’était qu’un mauvais rêve, maman est là, tout va bien ! C’est tout à fait simple et sans prétention, un peu approximatif aussi (« Il n’y a pas de tigres en Afrique… », mais après tout !).
Album à partir de 3 ans.
 
Zalberg, Carole
Le jour où Lania est partie, ill. Elodie Balandras. Paris, Nathan, 2008. 80 p. (Nathan poche 10-12 ans, C’est la vie)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° F 54916]
Ce roman qui se déroule en Afrique raconte la vie de Lania avant, pendant et après que celle-ci, l’aînée d’une famille pauvre, ait été emmenée loin des siens et de son village, avec des promesses dont aucune ne sera tenue. Employée de maison en ville – esclave en fait – Lania n’est pas directement maltraitée, mais privée d’instruction et de liberté. Un petit roman facile à lire sur l’esclavage moderne.
Roman à partir de 9 ans.

Caraïbe / Océan Indien

À l’ombre du flamboyant : 30 comptines créoles : Haïti, Guadeloupe, Martinique et la Réunion, collectage, Chantal Grosléziat, ill. Laurent Corvaisier, dir. musicale, Paul Mindy, chant, Roselaine Bicep, Dormélia Bénédict… [et al.]. Paris, Didier Jeunesse, 2004. 57 p. + 1 disque compact. (Un livre, un CD). Textes en français et en créole.
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL F 4268]
Un bel album cartonné où chacune des vingt magnifiques peintures de Maure, associées à différents lieux de la Martinique, inspirent à Patrick Chamoiseau autant d’ « émerveilles » : des histoires où se mêlent légendes et contes, le fantastique et l’étrange, le miracle et l’inexplicable…, écrites dans une langue riche, poétique. Pour « mieux approcher l’inconnaissable », pour « mieux préparer l’imaginaire aux flots des nouveautés ».
Comptines à  partir de 3 ans.
 
Bougeault, Pascale
L’ouragan. Paris, L’École des loisirs, 2009. [28] p.
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL 30]
Avis d’alerte : l’ouragan Octave s’approche. Il faut se préparer, faire des réserves, bien ranger et quand tout est prêt, s’enfermer. Lucette découvre alors que Cacahouète son chien n’est pas là et il est interdit de sortir. Pas question de partir à sa recherche. Alors, quand toute la famille s’endort, la fillette file en compagnie du cochon Augustin. Le vent est tel qu’ils s’envolent… Une histoire simple et charmante que Pascale Bougeault anime par des illustrations très expressives et joyeusement ancrées dans l’atmosphère des Antilles.
Album à partir de 4 ans.
 
Condé, Maryse
Hugo le terrible, Maryse Condé. Saint-Maur-des-Fossés, Éd. Sépia, 2009. 127 p. (Sépai poche)
Magasin – CNLJ-JPL – [DL 8° 2331]
Réédition de ce roman paru initialement en 1991 dans lequel Michel, 13 ans, se raconte, tout en racontant le cyclone Hugo qui s’est abattu sur la Guadeloupe en 1989. Un chapitre par jour de cette semaine bouleversante tant pour l’île que pour Michel qui en sort grandi. Bon rythme, précision, profondeur : le talent de Maryse Condé à la portée des jeunes.
Roman à partir de 10 ans.
 
Dhôtel, Gérard
Victor Schoelcher : non à l’esclavage. Arles, Actes Sud Junior, 2008. 95 p. (Ceux qui ont dit non)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° D 26521]
Victor Schoelcher est un bourgeois à l’âme républicaine. Témoin d’une vente d’esclaves, il est choqué par le comportement des colons et l’abolition de l’esclavage devient alors son cheval de bataille. Une première approche pédagogique originale et attrayante pour l’étude d’une période de l’histoire et d’un personnage illustre. Dommage qu’il soit mentionné sur la quatrième de couverture
« Roman historique » car il s’agit plutôt d’une fiction sur fonds d’éléments historiques à propos du combat de Victor Schoelcher.
Documentaire à partir de 10 ans.
 
Écormier, Joëlle
Le roi Martin, ill. Modeste Madoré. Saint-André (Réunion), Océan Éditions, 2010. [40] p.
Salle I – [Actualité de l’édition]
Connaissez-vous le martin triste, petit passereau proche du mainate que les Réunionnais dressent à parler ou à siffloter des airs connus ? Cet oiseau, très populaire, se retrouve dans de nombreuses expressions créoles dont le « Roi Martin » qui désigne un beau parleur…Et c’est sur le fil de cette expression que Joëlle Écormier construit son histoire : un martin triste, qui ne sait que siffler l’air de « Ti fleur fanée », veut apprendre à parler. Le chat lui propose de l’accompagner et d’attraper au vol toutes « les paroles en l’air » que les hommes prononcent… Devant cet improbable duo – un chat et un oiseau ! –, les hommes s’esclaffent et leurs paroles, sous forme de dictons créoles d’une grande sagesse, ne cessent de mettre en garde le martin triste… En fin d’album, on trouve un lexique, un glossaire des expressions et une petite présentation du martin triste.
Album à  partir de 3 ans.
 
Godard, Alex
La case aux hibiscus rouges. Paris, Albin Michel Jeunesse, 2005. 40 p.
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL A 10481]
Cet album de grand format met magnifiquement en valeur les illustrations d’Alex Godard, toutes chargées des vibrations de la lumière des îles, de Marie-Galante sans doute où il est né. Le texte, écrit à la première personne, donne la parole à un grand-père qui raconte sa vie depuis le jour où lui et sa famille ont dû quitter leur jardin bordé d’une haie d’hibiscus rouges comme le cœur et ont transporté leur case jusqu’à la ville. Chacun devra s’adapter à un nouveau mode de vie. Malgré la nostalgie du temps qui passe, il reste le rire des enfants et les hibiscus rouges.
Album à partir de 6 ans.
 
Hatubou, Salim
Sagesses et malices de Madi, l’idiot voyageur, ill. Mokeït Van Linden. Paris, Albin Michel Jeunesse, 2004. 132 p.
Salle I – [C 694 HAT s]
21 histoires de M’na Madi ou Madi l’inutile, parti à la recherche de la sagesse. Fou ou sage ? Madi, l’idiot voyageur, n’est pas sans rappeler Nasreddine Hodja ou Jeha. Issues de l’héritage des deux cultures des Comores, africaine et arabe, les aventures de M’na Madi réveilleront des réminiscences d’histoires et de contes connus. À savourer…
Contes à partir de 6 ans.
 
Keita, Fatou
Haïti : sauvée par ma poupée !, ill. Kyoko Dufaux. Abidjan, CEDA / Nouvelles Éditions Ivoiriennes, CEDA,  2010. 31 p.
Salle I – [I 666.8 KEI h]
Voici l’histoire d’une petite fille à Port-au-Prince qui jouait à la poupée lorsque la terre a tremblé. Ensevelie sous les décombres, elle doit la vie sauve à sa poupée qui répète inlassablement la même phrase enregistrée et la fera repérer par les sauveteurs. On participe à la détresse de la petite fille mais on est aussi à l’extérieur avec les sauveteurs et les parents affolés. Les couleurs des pages accompagnent ce passage entre l’espace confiné et sombre où se trouve l’enfant et l’extérieur où s’activent les secours. C’est surtout l’atmosphère qui est évoquée dans ces peintures au pinceau large qui laissent deviner la trame de la toile : des silhouettes à peine esquissées, des cadrages étonnants… Un livre qui devrait permettre aux enfants de mieux comprendre le drame d’Haïti.
Album à partir de 4 ans.
 
Leleu, Dorine
Aina, Lalatiana et Alisoa vivent à Madagascar, ill. Sophie Duffet. Paris, De La Martinière Jeunesse, 2008. 47 p. (Enfants d’ailleurs)
Salle I – [ED 235 LEL a]
Cette collection fait appel à trois enfants pour rendre compte de la diversité sociale, économique, culturelle, géographique et ethnique des pays visités. Ce titre offre une vision très contemporaine de la réalité sociale et politique de Madagascar à l’aide de nombreux exemples. L’alternance de photographies et d’illustrations traduit avec sensibilité l’atmosphère du texte.
Documentaire à partir de 9 ans.
 
Moynot, Aurélia
Vélocité. Sainte-Clotilde (Réunion), Epsilon Jeunesse, 2010. [30] p.
I 697 MOY v]
Vélocité, en s’inspirant des jouets malgaches fabriqués à partir de canettes recyclées, nous embarque pour un grand voyage, entre La Réunion et Madagascar, à bord de tous les moyens de locomotion possibles. De page en page, on retrouve le même personnage au volant d’un engin chaque fois différent. Jusqu’à la panne… Et là, sur quoi peut-on finalement compter ?… La bicyclette ! Les décors, savamment construits à partir de collages de différents matériaux (papiers, cartons), donnent un caractère étonnant à chaque mise en scène. Le rythme, la variété et les surprises suscitées par l’album sont une réussite.
Album à partir de 3 ans.
 
Neyrins, Antonia
Lettres de Guadeloupe, ill. de l’auteur. Clichy, Éd. du Jasmin, 2009. 76 p.
Magasin – CNLJ-JPL – [DL 8° 4055]
Destination la Guadeloupe pour les premières vacances de Paloma avec sa mère et son nouveau compagnon Philippe. À travers ce récit qui se présente comme un carnet de voyage Paloma évoque ses sentiments, partagés entre l’émerveillement pour cette île (terre natale de Philippe) et toute sa réserve vis-à-vis de celui qui prend la place du père défunt. Ils s’apprivoisent progressivement, en finesse, sans rapport de force. Les aquarelles et les collages qui ponctuent le carnet de voyage sont bien intégrés et font apprécier le travail d’Antonia Neyrins, carnettiste et voyageuse. Un joli roman plein de couleurs et de douceur.
Roman à partir de 9 ans.
 
Noël, James
La fleur de Guernica, ill. Pascale Monnin. La Roque-d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2010. [22] p.
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL 2048]
James Noël, poète-écrivain haïtien donne ici la parole à un jeune garçon qui va vivre le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Ses pensées vont vers la belle Rosemonde dont il est amoureux et qui ne sortira indemne des décombres qu’au bout de huit jours. Elle avait offert à Sismo une reproduction du « Guernica » de Picasso dans lequel « la fleur restée intacte au milieu des ruines » avait fasciné son regard. Cette belle histoire racontée sans pathos est superbement illustrée par les tableaux aux pastels de Pascale Monnin.
Album à partir de 6 ans.
Océan Indien : nouvelles. Clermont-Ferrand, Ed. Reflets d’ailleurs, 2011. 127 p. (Archipel)
Salle I – [Actualité de l'édition]
Voici un recueil de six nouvelles extrêmement intéressant, réunissant des auteurs phares de La Réunion, et intelligemment présenté : un classement géographique en fonction de l’ancrage des nouvelles, des illustrations de style différent (photographie, peinture, dessin) pour chacune signées Pascale Fontaine, et un petit complément documentaire en fin d’ouvrage, lexique inclus. Ces nouvelles, dans un registre poétique, abordent des thèmes extrêmement variés comme celui de l’environnement dans l’océan Indien, l’histoire de l’esclavage, la ségrégation entre Créoles et Blancs de la métropole. Le lecteur est également séduit par de belles descriptions des paysages et des particularismes de la vie sur les îles de l’océan Indien, qui le font voyager.
À partir de 13 ans.
 
Pineau, Gisèle
Un papillon dans la cité. Saint-Maur (Val-de-Marne), Sépia, 2010. 124 p. (Sépia poche)
Magasin – CNLJ-JPL – [DL 8° 1960]
Les éditions Sépia rééditent ce beau roman de Gisèle Pineau publié en 1996. La nouvelle est arrivée par courrier : Félicie doit partir. Elle doit quitter sa grand-mère Man Ya et sa case, à l’ombre du manguier en Haute Terre de Guadeloupe, pour aller rejoindre sa mère dont elle n’a aucun souvenir. La voici en banlieue parisienne, dans un immeuble gris de la cité, avec sa nouvelle famille, et bientôt un nouvel ami, Momo. Félicie n’arrive pas à le croire, Momo n’a jamais vu la mer ! Elle rêve alors de lui présenter Man Ya et de lui faire découvrir la magie de son île en forme de papillon. Un petit roman émouvant et drôle, qui, par sa simplicité d’écriture, est accessible aux plus jeunes.
Roman à partir de 9 ans.
 
Pinguilly, Yves
Aimé Césaire, le nègre indélébile, Yves Pinguilly. Paris, Oskar Jeunesse, 2008. 65 p. (Histoire & société, 18)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° D 26619]
Cet essai biographique et poétique écrit par Yves Pinguilly est très bien documenté. Il propose des éléments biographiques d’Aimé Césaire en les replaçant dans leur contexte historique et social, ainsi qu’en les accompagnant d’extraits et de citations : enfance en Martinique, arrivée à Paris, rencontres avec Senghor et Damas, retour en Martinique. Il présente aussi largement différents aspects de son œuvre littéraire, illustrés par de nombreux extraits. À la fin de l’ouvrage, une bibliographie des œuvres principales d’Aimé Césaire, une courte présentation de l’histoire de la Martinique, de l’esclavage et de l’anticolonialisme et des biographies des personnages proches de Césaire : Lumumba, Senghor et Breton.
Documentaire à partir de 12 ans.
 
Vaxelaire, Daniel
15 contes de l’océan Indien, ill. Frédéric Sochard. Paris, Flammarion, 2002. 122 p. (Castor poche, Contes, légendes et récits, 865)
Salle I – [EC 690 VAX d]
Quinze contes traditionnels de l’île Maurice, de La Réunion, des Seychelles et des Comores, ce qui est loin d’être fréquent dans l’édition, d’une manière générale. On y retrouve de vieilles connaissances comme la misère et la mort, un couple d’ogres complètement abrutis, des histoires d’amour, de sagesse et d’origine… Bon choix, agréable à lire. Bonne introduction à une culture trop mal connue.
Contes à partir de 10 ans.
 
Vuittenez, Maïwenn
Les baobabs amoureux. Saint-André (Réunion), Océan Éditions, 2011. 36 p.
Salle I – [Actualité internationale]
Il était bien seul ce baobab, au fin fond de la savane. Les animaux passaient près de lui, indifférents, au mieux. Quelle émotion le jour où une fillette l’écouta vraiment et décida de lui venir en aide en plantant à ses côtés une graine ! Un autre baobab poussa, enlaçant le premier. Les illustrations sont lumineuses, tout en rondeur et en douceur. Cette histoire a été inspirée à l’auteur par une espèce très rare de baobabs qui se divisent en deux pendant leur croissance. On ne trouve « ces baobabs amoureux » qu’à Madagascar où la légende veut qu’ils portent chance à ceux qui s’aiment.
Album à partir de 4 ans.
 

Monde Arabe

 

Aceval, Nora
Contes d’Algérie de bouche à oreille, ill. Marcelino Truong. Toulouse, Milan Jeunesse, 2011. 56 p. (De bouche à oreille)
Salle I – [Actualité de l'édition]
Un très bon choix de quatre contes de tradition algérienne dans ce livre CD. Un récit cadre : pour épargner la vie d’un marchand menacé de mort par un génie, trois voyageurs vont raconter chacun à leur tour. Un conte merveilleux dans lequel trois frères partent à la recherche d’un oiseau siffleur, puis l’histoire d’un voleur très subtil et invincible, pour terminer par un conte de sagesse. La musique de Nasro Beghdad ponctue agréablement les contes et Nora Aceval nous berce de sa douce voix.
Contes à partir de 8 ans.
 
Angeli, May
Souks et saveurs en Tunisie. Paris, Sorbier, 2007. 60 p. (Les Ethniques)
Salle I – [ED 235 ANG s]
Accompagnant ses très belles images de textes très courts et de quelques recettes de cuisine, May Angeli nous promène dans les souks tunisiens au fil des saisons. À travers les produits que proposent les marchands (surtout ambulants) elle décrit la vie quotidienne, les plats, les remèdes, les gens, les fêtes… Une sorte de carnet de voyage dans les petites échoppes, et à travers ce périple, une somme de remarques qui permettent de mieux connaître la vie des gens en Tunisie. Même si ce livre décrit un monde qui tend à disparaître, c’est un véritable bijou qui donne envie de se ruer au marché, à Tunis et ailleurs.
Documentaire à partir de 13 ans.
 
Bathelot, Lilian
Kabylie twist. Nantes, Gulf Stream, 2012. 354 p. (Courants noirs)
Salle I  - [Actualité de l'édition]
Six voix principales s’expriment dans ce roman choral sur la guerre d’Algérie qui voit se croiser les destins d’un directeur d’école indépendantiste, d’un inspecteur de police pied-noir qui enquête sur des meurtres de colons, d’un appelé musicien de rock et de sa fiancée venus de métropole, d’une jeune commerçante pied-noir et de Najib, son amoureux algérien. Leurs récits s’imbriquent pour ne former qu’une seule et même histoire qui débute dans l’insouciance de l’été 1960 et se termine en 1962. L’auteur restitue bien l’époque. Il esquisse avec adresse l’évolution des personnages. Il pointe la complexité, l’ambivalence, les paradoxes et, derrière le discours officiel rassurant, l’horreur de cette guerre. Attentats, torture, abandon des harkis à leur sort : le récit, intense, n’élude rien malgré l’absence d’une voix algérienne. Un dossier sur la colonisation complète le roman.
Roman à  partir de 13 ans.
 
Begag, Azouz
La leçon de francisse, ill. Sandrine Martin. Paris, Gallimard Jeunesse, 2007. 75 p.
Magasin – CNLJ-JPL – [8° F 54028]
Plus qu’une leçon de français, c’est une véritable leçon d’amour qu’Azouz Begag nous raconte, quant, à douze ans, son père lui propose une sortie entre hommes, au « marchipisse », le marché aux puces, LE loisir de la semaine que son père partage ce jour-là, pour la première fois avec le numéro 7 de ses enfants. Son père qui n’éprouve pas le besoin de bien apprendre le « francisse » puisque « demain » ils vont retourner en Algérie, son père qui se résigne à vivre dans une baraque, puisque demain…. Un texte magnifique, chargé d’émotion, dans lequel l’auteur a retrouvé son enfance et son émerveillement intacts. Alors « ça ti pli » cette histoire ? Oui ça nous plaît, et même beaucoup !
Roman à partir de 11 ans
 
Ben Aych, Gil
Le voyage de Mémé. Paris, L’École des loisirs, 2011. 95 p. (Neuf)
Salle I – [Actualité de l'édition]
De Paris à Champigny, la longue marche émouvante et comique d’un jeune émigré d’Algérie et de sa grand-mère, qui s’étonne ou s’indigne à chaque instant de mentalités et de conditions de vie qui lui sont étrangères. Leur dialogue, affectueux ou difficile, toujours savoureux, est une confrontation passionnante de points de vue, de réalités, de sentiments différents. Indisponible depuis plusieurs années, après Bordas et Pocket, le roman reparaît à L’École des loisirs.
Roman à partir de 11 ans.
 
Blum, Claude, éd.
Contes berbères, réunis par Claude Blum, ill. Delphine Bodet. Paris, Circonflexe, 2007. 48 p. (Contes du monde)
Salle I – [EC 660 BLU c]
Quelques contes d’origine, de sagesse, une histoire de sot, quelques ogres et ogresses : vingt et un contes berbères variés, certains très brefs, collectés en Algérie, Libye, Maroc, Tunisie, au Mali, au Niger, par René Basset, E. Dermengheim, E. Laoust, Mouliéras et d’autres tout aussi dignes de confiance. Une petite carte, très claire, indique les différentes tribus berbères et leur localisation, un bref lexique ainsi que les références très précises pour chaque conte, complètent intelligemment le recueil.
Contes à partir de 7 ans.
 
Daeninckx, Didier
Missak, l’enfant de l’Affiche rouge, ill. Laurent Corvaisier, conception graphique, Alain Serres. [Voisins-le-Bretonneux], Rue du monde, 2009. 49 p.-dont 8 dépl.
Salle I – [ED 249 DAE m]
Existe aussi en roman :
Daeninckx, Didier
Missak. Paris, Pocket Jeunesse, 2010. 286 p. (Pocket Jeunes adultes, roman)
Magasin – [DL 8° 6103]
Immortalisé par l’affiche rouge qui voulait dénoncer leur action, le nom de Missak Manouchian est devenu un symbole de la résistance à l’oppression barbare. À la veille de son exécution et de celle de ses compagnons, Manouchian se remémore son parcours depuis l’exil pour fuir le génocide arménien jusqu’à son engagement pour libérer la France. Beau texte sur fond d’illustrations qui jouent avec sensibilité du noir et blanc et de la couleur, pour opposer le temps de l’enfermement et de la mort au temps de l’enfance et de la liberté.
Documentaire à partir de 10 ans / Roman à partir de 16 ans.
 
Darwiche, Jihad
Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage. 1 à 3, ill. David B. (vol. 1 et 3), Pierre-Olivier Leclercq (vol. 2). Paris, Albin Michel, 2000-2007. 187 p. ; 148 p. ; 148 p.
Salle I – [EC 510.5 DAR j] ; [EC 510.5 DAR j2] ; [EC 510.5 DAR j]
Jihad Darwiche, conteur apprécié de tous, nous propose une excellente anthologie des histoires de Nasreddine Hodja parmi les plus connues et les moins connues de ce « fou qui était sage ». Comme il le dit dans l’introduction de ce livre délicieux, nombre d’anecdotes arrivées à des personnages connus sont naturellement intégrées au répertoire des histoires de Nasreddine, dont la popularité ne se dément pas au fil des siècles…
Contes à partir de 7 ans.
 
Goby, Valentine
Anouche ou La fin de l’errance : de l’Arménie à la vallée du Rhône, Valentine Goby et Philippe de Kemmeter, [en collaboration avec la Cité nationale de l'histoire de l'immigration]. Paris, Autrement Jeunesse, 2010. 79 p. (Français d’ailleurs)
Salle I – [Actualité de l'édition]
À l’aide d’une fiction qui pourrait avoir un caractère de témoignage, ce titre aborde l’immigration arménienne en France. Anouche a quatorze ans en 1925. Rescapées du génocide de 1915, comme de nombreux Arméniens, sa mère et elle ont trouvé refuge à Valence. C’est là que lentement elles réapprennent à vivre… et à grandir pour la petite fille car, suite aux privations et aux divers chocs psychologiques, sa croissance s’est arrêtée. La mère travaille, Anouche va à l’école et lutte pour apprivoiser une culture très différente de la sienne. Mais les images des massacres continuent de la hanter la nuit. Un récit poignant, dont l’écriture sensible restitue bien les émotions présentes, les traumatismes du passé mais aussi l’espoir d’un avenir meilleur. Le dossier documentaire – réalisé par une spécialiste du domaine -, même s’il s’adresse à une classe d’âge supérieure à celle du récit, servira utilement à la médiation.
Fiction / Documentaire à partir de 9 ans.
 
Kochka
Le grand Joseph. Paris, Thierry Magnier, 2010. 110 p. (Roman)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° 3811]
Un savoureux récit d’enfance de cette auteure franco-libanaise pour la jeunesse. Un récit qui est aussi un hommage à Joseph, son grand-père bien-aimé. Et c’est avec une verve communicative que Kochka fait revivre le petit théâtre quotidien de cette famille à Beyrouth, dans les années 1960, avant la guerre qui a contraint ses parents à l’exil : le spectacle animé des rues, les relations compliquées de la petite fille avec sa redoutable grand-mère, la découverte de la cuisine traditionnelle… mais aussi les superstitions et les valeurs transmises par ses aïeux, qui l’ont aidée à grandir. Très dialogué, ce récit préserve toute la fraîcheur d’un regard enfantin sur ce monde qui s’ouvre sous ses yeux attentifs.
Roman à partir de partir de 11 ans.
 
Maari, Boutros al-
Abou az-Zoulouf et le loup : conte de Syrie bilingue arabe-français. Clichy, Éd. du Jasmin, 2005. [32] p.
Magasin – CNLJ-JPL – [8° C 8599]
Texte français avec sa traduction arabe à la suite. Contient en appendice l’alphabet arabe avec des explications. Les illustrations qui accompagnent ce conte traditionnel de Syrie dans cette version bilingue arabe-français lui donnent toute sa saveur. Car si le récit est mené avec une belle sobriété, les images apportent vie, chaleur et humour. Elles sont composées avec beaucoup de variété, truffées de détails, merveilleusement colorées, pour raconter cette joyeuse farce jouée par Abou az-Zoulouf et son âne au loup.
Conte à partir de 6 ans.
 
Oussiali, Clotilde
Aujourd’hui au Maroc : Hassan, Aït Yamzel, raconté par Clotilde et Elhoussaine Oussiali, ill. Antoine Ronzon et Maurice Pommier. Paris, Gallimard Jeunesse, 2010. 59 p. dont [18] p. dépl. (Le journal d’un enfant, Série Monde, 8)
Magasin – CNLJ-JPL – [8° 4861]
Ce récit d’un jeune garçon berbère montre un Maroc en plein développement, avec le tourisme et des villes en expansion, mais encore marqué par les problèmes de pauvreté, par l’émigration, et par l’importance des coutumes (alimentation, habitat, religion, famille).
Documentaire à partir de 7 ans.
 
Solet, Bertrand
En Algérie lointaine. Paris, Nouveau Monde Éditions, 2012. (Toute une histoire)
Salle I – [Actualité de l’édition]
L’Algérie lointaine, c’est celle de 1830, alors que les troupes françaises se lancent dans une durable conquête militaire. La famille de Frédéric, dupée par un escroc, s’installe à Alger. Frédéric, par désir de vengeance, est entraîné dans une course-poursuite qui le mène au milieu des combats jusqu’à une conclusion romantique. Un roman historique qui porte un point de vue critique et humaniste sur les évènements.
Roman à partir de 12 ans.
 
Veillères, Claire
Leila, Reda et Anissa vivent au Maroc, ill. Sophie Duffet. Paris, De La Martinière Jeunesse, 2009. 47 p. (Enfants d’ailleurs, 18)
Salle I – [FOL D 17496]
Le Maroc est un pays où se côtoient richesse et pauvreté, modernisme et traditions. Leila, d’une riche famille, proche du roi, est établie à Fès ; elle fera des études et probablement à l’étranger. Reda habite dans un bidonville, sa famille a du mal à vivre ; son frère vend de la drogue pour l’aider à acheter de la nourriture. Anissa est berbère et vit à la montagne, elle participe aux travaux agricoles. Ces trois enfants nous montrent les divers aspects de la réalité du Maroc.
Documentaire à partir de 11 ans.
 
Varvarian-Saboundjian, Alice, éd.
Mon ami Toumanian : poèmes, ballades et contes : 24 oeuvres de Hovhannès Toumanian, choisies et traduites par Alice Varvarian-Saboundjian, ill. Laureen Topalian. Alfortville, Sigest, 2011. 147 p. (Trésors d’Arménie, 2). 24,95 €
Salle I – [Actualité de l'édition]
Hovhannès Toumanian est un grand poète et écrivain arménien de la fin du XIX° – début XX° siècle. On trouvera ici un choix de textes connus, comme « Une goutte de miel » ou « Nazare-le-Brave », le poème « Anouche » qui deviendra un opéra, le fameux « David de Sassoun », extrait de l’épopée arménienne « Les Tordus de Sassoun »… Cette œuvre occupe une place fondamentale dans le folklore arménien. Les illustrations, qui comportent des références aux enluminures et aux motifs des tapisseries arméniennes, sont autant de fenêtres ouvertes sur l’art arménien.
Contes à partir de 8 ans.

Québec

Desjardins, India
Le Journal d’Aurélie Laflamme, t.1 à 6. Montréal, Les Intouchables, 2006-2009. 8 volumes.
Également disponible en version plus française :
Neuillys-sur-Seine, Michel Lafon, 2010-2013.
Le journal d’Aurélie, adolescente Québécoise sympathique, en phase avec son temps. Pleine de verve, elle narre les mésaventures du quotidien. La version originale possède une saveur particulière de par ses expressions typiques, les lecteurs français auront cependant peut-être plus de facilité à se plonger dans l’adaptation parue chez Michel Lafon depuis 2010.
Romans à partir de 12 ans.
 
Favre, Magali
21 jours en octobre. Montréal (Canada), Boréal, 2010. 147 p. (Boréal inter, 57)
Magasin – CNLJ-JPL – [I 714 FAV v]
« 21 jours » c’est, à l’automne 1970, la durée légale pendant laquelle le gouvernement pouvait garder prisonnière sans justification toute personne arrêtée. Et ici c’est à travers les yeux de Gaétan, seize ans, jeune homme très occupé par ses amitiés et un amour naissant, que le lecteur voit se développer le mouvement de révolte du FLQ (Front de Libération du Québec), comprend les causes qui l’ont fait naître ainsi que ses effets. Le roman n’est pas toujours facile à lire par un lecteur français – surtout à cause des dialogues dans un français très  « québécois » -, mais il nous permet de mieux appréhender cette période historique peu connue.
Roman à partir de 13 ans.
 
Lasa, Catherine de
La dent de l’ours, ill. Christel Espié. Paris, Bayard Jeunesse, 2008. 57 p. (J’aime lire plus, 9)
Magasin – CNLJ-JPL – [DL 8° 6195]
Québec 1743 : trois femmes, trois générations, deux cultures et une histoire commune. Charlotte a 15 ans quand elle découvre une nouvelle facette insoupçonnée de sa grand-mère et qu’elle rencontre la nièce de celle-ci, Hélène, née de mère iroquoise. Choc des cultures, racisme, secret de famille… tout est là pour faire de ce récit une aventure forte et prenante.
Roman à partir de 9 ans.
 
Loisel, Régis ; Tripp, Jean-Louis
Magasin général (t.1 à 8).Paris, Casterman, 2007-2012. 8 volumes d’environ 80 p. chacun.
Salle I – [808.9 LOI a] Pour le tome 2.
Dans le Québec des années 1940, une jeune veuve tient le principal commerce du village et fait face à l’hostilité  de la communauté. Des portraits émouvants et profondément humains qui évoquent une réalité rurale bien lointaine, mais avec des préoccupations universelles. La collaboration fructueuse de ces deux auteurs donne un résultat original et fort plaisant.
Bandes dessinées à partir de 13 ans.
 
Marois, André
Mesures de guerre, André Marois. Montréal (Canada), Boréal, 2010. 107 p. (Boréal junior, 103)
Salle I – [I 714 MAR m]
Octobre 1970. Le Front de libération du Québec ayant pris des otages, le gouvernement applique la Loi spéciale : l’armée, avec des chars, sillonne la ville, il y a des arrestations. Sur ce fond historique, l’auteur entremêle habilement les jeux de Gabriel, dix ans, fasciné par les histoires de guerre, avec une tentative d’enlèvement par un truand. L’imagination sans limites de ce garçon étant connue de tous, comment pourra-t-il faire comprendre que, cette fois, il dit vrai ? Un éclairage très accessible sur une période trouble et méconnue de ce côté de l’océan.
Roman à partir de 9 ans.
 
Pelletier, Maryse
Un couteau sur la neige, ill. Carl Pelletier. Saint-Lambert, Soulières, 2010. 168 p. (Graffiti, 58)
Salle I – [I 714 PEL c]
Une bagarre entre adolescents a mal tourné, l’un deux est grièvement blessé. Qui est l’auteur des coups de couteau et pourquoi ? Un roman policier passionnant qui offre au lecteur le point de vue des personnes concernées, montre le contexte familial et social, met en scène les dominants et les dominés, les Canadiens de souche et les immigrés… Et ne tombe jamais ni dans la morale ni dans la caricature.
Roman à partir de 13 ans.
 
Guilbault, Nicole
Bestiaire des légendes du Québec, ill. Joanne Quellet. Montréal, Les Heures bleues, 2009. 79 p.
Salle I – [I 714 GUI b]
Vingt-quatre légendes ayant chacune pour héros un animal. Brèves, faciles à lire et à retenir, intéressantes, très bien illustrées, pleines de fantaisie et de poésie, ces histoires venues du bout du monde réservent bien des surprises.
Contes à partir de 8 ans.

Suisse

Bille, Stéphanie Corinna
Le masque géant, ill. Janis Heezen. Genève (Suisse), Joie de lire, 2004. 32 p. (Albums)
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL F 4287]
Dans un village d’une vallée suisse, la tradition des hommes masqués du carnaval perdure, avec des masques effrayants, comme celui du géant qui vient terrifier le village. Une fable sur la différence qui fait peur et isole, servie par une illustration très dépouillée aux couleurs fondues dans une gamme de bruns sur des pages sépia. Les vrais héros de cette histoire sont les enfants qui par leur innocence et grâce à leur curiosité tenace, réussiront à triompher de la méchanceté des adultes.
Album à partir de 9 ans.
 
Kolodny, Orith
Genève, Orith Kolodny et Francesca Bazzurro. Genève (Suisse), Joie de lire, 2009. 34 p. (De ville en ville)
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL 2534]
Dans Genève on suit un enfant dont le parcours à travers la ville est marqué par des monuments, des sites, l’évocation d’événements et de coutumes. Au début du livre une carte du circuit donne des repères visuels et, à la fin une double page de notices documentaires apporte des précisions. Le dessin est toujours elliptique et élégant, avec, ici, dans une dominante de blanc, des touches de couleur, surtout rouge, drapeau oblige, et, heureuse innovation, quelques collages d’éléments en quadrichromie.
Documentaire à partir de 6 ans.
 
Martingay, Claude
Le mendiant, ill. Philippe Dumas. Genève (Suisse), Joie de lire, 2003. 30 p.
Magasin – CNLJ-JPL – [8° A 15760]
L’enfant demande à son grand-père une histoire qu’il aime, celle de la rencontre de ses grands-parents avec un mendiant et son chien. Qui était cet homme ? Pourquoi le grand-père veut-il garder secrète son identité ? Que se sont-ils dit ? Pourquoi ont-ils continué à s’écrire ? Tandis que se déroule la promenade dans un Genève bien réel et magnifiquement montré par Philippe Dumas, un très beau dialogue s’instaure entre le vieil homme et l’enfant dans la confiance et la tendresse.
Album à partir de 7 ans.
 
Scotti, Massimo
L’Heure bleue, trad. de l’italien par Sophie Royère, ill Antonio Marinoni. Paris, Naïve, 2009. [68] p.
Magasin – CNLJ-JPL – [FOL 1654]
Un vieux journal intime abandonné dans une gare sert de point de départ à ce voyage en forme de rêve éveillé. Le narrateur l’a ramassé avant de prendre le train et l’histoire se déroule pendant son voyage, alors que défilent par la fenêtre les paysages des Alpes suisses. C’est là qu’intervient le travail graphique fort intéressant : des gravures rupestres de paysages alpins proviennent d’un volume paru en 1780 et accompagnaient le récit d’un voyage en Suisse. Le décor du compartiment qui encadre ces reproductions, agrandies, légèrement colorisées et recadrées, sert de référence au présent de la narration. Viennent s’y insérer les silhouettes noires des protagonistes. Ce choix met en valeur ces personnages venus d’époques différentes, avec une mise à distance qui rend possible leur rencontre dans le récit. Où est le rêve, où est la réalité ?
Texte illustré
Bibliographie jeunesse sur la francophonie
Dépliant Dis-moi dix mots 2014-2015
Dépliant Dis-moi dix mots 2014-2015, © MCC/Polysémique

Dépliant

Soumis par Dis-moi dix mots le 06/08/2014

Parcourez le dépliant et découvrez :

  • La présentation de l'opération de sensibilisation Dis-moi dix mots de septembre 2014 à juin 2015 ;
  • Les outils et ressources disponibles pour travailler autour de la langue française ;
  • Les différents concours pédagogiques ;
  • La Semaine de la langue française et de la Francophonie du 14 au 22 mars 2015 ;
  • Les contacts au niveau national et en région.

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Dépliant
tampons dis-moi dix mots 2014-2015
dismoidixmots-tampons_page_001.jpg, © Polysémique

La thématique et les dix mots

Soumis par Dis-moi dix mots le 29/07/2014

"Dis-moi dix mots... que tu accueilles" : une invitation au voyage

Cette nouvelle thématique met en valeur la capacité de notre langue à accueillir et intégrer des mots venus d'ailleurs. Les échanges commerciaux, intellectuels, culturels, les migrations, sans oublier les médias et, désormais, les technologies numériques ont en effet mis le français au contact d'autres langues. Venus d'ailleurs, ils sont devenus d'ici. La richesse de ces échanges a donné à notre langue une grande partie de ses accents et de ses couleurs.  La capacité du français à se ressourcer est sans nul doute un signe de sa vitalité et une garantie pour son avenir.

 

Les dix mots de cette nouvelle édition invitent donc au voyage : « amalgame, bravo, cibler, grigri, inuit, kermesse, kitsch, sérendipité, wiki, zénitude ». Qu'ils viennent du flamand, de l'italien, de l'hawaïen, de l'arabe ou de l'inuktitut, ces mots reflètent bien l’hospitalité de notre langue .

AMALGAME

amalgame - Dis-moi dix mots 2014-2015
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DÉFINITION(S)

Amalgame [amalgam] n.m. – ÉTYM. 1431, latin des alchimistes amalgama, probablement d’origine arabe

I. Alliage du mercure et d’autres métaux (qu’il liquéfie). Amalgame de plomb. Amalgame d’argent-étain pour les obturations dentaires. ABSOLUMENT Carie obturée avec de l’amalgame. II. FIG. Mélange hétérogène de personnes ou de choses de nature différente. « Le plaisant et le tendre sont difficiles à allier; cet amalgame est le grand œuvre » (Voltaire). Assemblage,composé. MILIT. Fusion d’unités militaires de provenance et de formation différentes. III. Fait d’englober artificiellement, en exploitant un point commun, diverses formations politiques afin de les discréditer. Un député qui pratique l’amalgame. IV. LING. Fusion indissociable de plusieurs morphèmes (ex. du pour de le).

 

ORIGINE

Origine arabe

CITATIONS FRANÇAISES

« Le ciel s’élargissait progressivement vers le zénith, et des nuages immenses se dessinèrent soudain, grâce à un amalgame de soies grises finement assorties depuis les tons les plus transparents jusqu’aux nuances les plus fuligineuses. »

Raymond Roussel, Impressions d’Afrique
« Vous trouverez ça dans un coin de Paname
ça n’est pas aussi rare que l’on croit
Quand un danger plane sur cet amalgame
Tous les cœurs frémissent à la fois
Le Madelon que chantaient plein de flamme
Nos poilus défendant leur pays
Où est-elle née ? Sous le ciel de Paname
Un beau jour, dans un coin de Paris. »
Maurice Chevalier, Dans un coin de Paname
« Le général de Gaulle voulait l’amalgame de toutes les unités combattantes avec l’armée régulière, contre la Wehrmacht : armée ou police, la défense de la nation n’appartenait qu’à l’État. »
André Malraux, Antimémoires

 

BRAVO

bravo - Dis-moi dix mots 2014-2015

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DÉFINITION(S)

Bravo [bʀavo] interj. et n. m. – ÉTYM. 1738, mot italien « excellent »

I. Exclamation dont on se sert pour applaudir, pour approuver. Bravo ! c’est parfait. II. N. m. Applaudissement, marque d’approbation. Des bravos et des bis. La salle croule sous les bravos. Vivat.

ORIGINE

Origine italienne, terme lexicalisé en 1738

CITATIONS FRANÇAISES

« La salle craquait sous les bravos; on recommença la strette entière; les amoureux parlaient des fleurs de leur tombe, de serments, d’exil, de fatalité, d’espérances (…) »
Flaubert, Mme Bovary

« Ils virent de nouveau un obus arriver, tomber droit sur le hangar, à la place qu’ils occupaient tout à l’heure. Le fracas fut épouvantable, le hangar s’abattit. Du coup, une joie folle fit danser le gamin, qui trouvait ça très farce.
— Bravo ! en v’là de la casse ! »
Zola, La Débâcle

 

CIBLER

 

cibler - Dis-moi dix mots 2014-2015
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DÉFINITION(S)

Cibler [sible] v. tr. (conjug. 1) – ÉTYM. v. 1970, de cible

I. Déterminer, circonscrire en tant que cible. Cibler la clientèle d’un produit, un marché. Chercher à faire correspondre (un produit) à une cible. P. p. adj. Produit mal ciblé. Campagne électorale ciblée. II. Prendre pour cible. Cibler une tumeur. Médicament qui cible une bactérie.

ORIGINE

Origine alémanique suisse, terme lexicalisé en 1970

CITATIONS FRANÇAISES

« Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. »
Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre

« Les gyrophares de leur voiture ne cessaient de tourner, ce qui donnait un sens dramatique à la scène, encore plus lorsque le trio se plaça sous un lampadaire, profitant aussi de la lumière des phares de l’auto, comme au cinéma, alors que les projecteurs ciblent précisément l’action, enveloppent les acteurs d’un puissant halo. »
Claude Vaillancourt, Les Sirènes de Zicatela

 

GRIGRI

grigri - Dis-moi dix mots 2014-2015
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 DÉFINITION(S)

Grigri [gʀigʀi] n. m. VAR. gris-gris – ÉTYM. grigri 1643; autre sens 1557, origine inconnue

I. Amulette (Afrique, Antilles). II. Petit objet magique, porte-bonheur (ou malheur). Des grigris, des gris-gris. « Cette pièce de bijouterie fantaisie s’ornait de toute une ribambelle de pendeloques et de grigris » (Liberati).

ORIGINE

Origine inconnue, terme utilisé en Afrique et dans les Antilles, lexicalisé en 1643

CITATIONS FRANÇAISES

« Les marabouts avec toute leur famille, voyagent de province en province en enseignant les peuples (…) le commerce le plus lucratif pour eux, est celui de vendre des gris-gris, qui sont des bandes de papiers remplis de caractères mystérieux, que le peuple regarde comme des préservatifs contre tous les maux ; ils ont le secret d’échanger ces papiers contre l’or des nègres (…) »

Denis Diderot, Encyclopédie

« Le Père, de sa haute taille, dominait le petit vieux cuivré, sanglé, ceinturé de gris-gris, – poils de singe et griffes de panthère. »

Maurice Genevoix, Fatou Cissé

« Car il fallait se doter d’une force, pas seulement une force physique, mais une force mystique, celle qui faisait fuir l’ennemi à la moindre manipulation d’un grigri. »

Brice Patrick Ngabellet, Le totem du roi

 

INUIT

inuit - Dis-moi dix mots 2014-2015
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DÉFINITION(S)

Inuit, e [inɥit] n. et adj. – ÉTYM. 1893, les Inoïts, mot de la langue inuite « les hommes », pl. de Inuk « homme »

Esquimau. La langue inuite. Inuktitut. N. Les Inuits d’Alaska. Rem. Courant au Canada où l’emploi de « esquimau » est officiellement proscrit.

ORIGINE

Origine inuktitute, lexicalisé en 1893

CITATIONS FRANÇAISES

« Ce lieu est si étrange que les Inuits, pour une raison que j’ignore, se sont abstenus, contre leur habitude, de le nommer »
Pierre Morency, À l’heure du loup

«Dans ce vaste monde éclectique et unique
Nous voyageons, cathodiques
Croisières sur canaux hertziens ou satellites
Nous admirons tant les Inuits
Pays australs, Karabah
Et pourquoi pas, Patalipoutra
Imaginez Pondichéry peuplé
De deux cent quatre mille êtres aimés »
Paris Combo, Aquarium

 

KERMESSE

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DÉFINITION(S)

Kermesse [kɛʀmɛs] n. fém. – ÉTYM. 1391, flamand kerkmisse, « messe d’église »

I. Aux Pays-Bas, en Belgique, dans le nord de la France, fête patronale villageoise, foire annuelle célébrée avec de grandes réjouissances en plein air. Ducasse. « La Kermesse héroïque », film de J. Feyder. « la frénésie des bacchanales et des kermesses » (S. Lilar). II. (1832) COURANT Fête de bienfaisance, souvent en plein air. La kermesse de l’école. RÉGIONAL fancy-fair.

ORIGINE

Origine flamande, lexicalisé en 1391 et, au sens moderne, en 1832

CITATIONS FRANÇAISES

« Peu m’importe, d’ailleurs, la tour Eiffel. Elle ne fut que le phare d’une kermesse internationale, selon l’expression consacrée, dont le souvenir me hantera comme le cauchemar, comme la vision réalisée de l’horrible spectacle que peut donner à un homme dégoûté la foule humaine qui s’amuse. »
Guy de Maupassant, La Vie errante

« À travers les massifs, il apercevait, devant la villa, une animation de kermesse : de jeunes hommes, coiffés de bonnets de police et vêtus de flanelle grise, en espalier sur les degrés du perron, devisaient au soleil. »
Roger Martin du Gard, Les Thibault

 

KITSCH

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DÉFINITION(S)

Kitsch ou Kitch [kitʃ] adj. inv. et n. m. inv. – ÉTYM. 1962, de l’allemand Kitsch (Bavière, v. 1870), de kitschen « rénover, revendre du vieux »

I. Se dit d’un style et d’une attitude esthétique caractérisés par l’usage hétéroclite d’éléments démodés ou populaires, considérés comme de mauvais goût par la culture établie et produits par l’économie industrielle. Une robe kitsch. « des objets kitsch venus d’un concours Lépine des années trente » (Perec). N. m. « Le kitsch a pu être considéré comme une dégénérescence menaçant toute forme d’art ou au contraire comme une forme nouvelle d’art du bonheur » (A. Moles). II. PAR EXTENSION D’un mauvais goût baroque et provocant. RÉGIONAL quétaine.

ORIGINE

Origine allemande, terme lexicalisé en 1962

CITATIONS FRANÇAISES

«Le kitsch fait naître coup sur coup deux larmes d’émotion. La première larme dit : Comme c’est beau, des gosses courant sur une pelouse ! La deuxième larme dit : Comme c’est beau, d’être ému avec toute l’humanité à la vue de gosses courant sur une pelouse ! Seule cette deuxième larme fait que le kitsch est le kitsch. La fraternité de tous les hommes ne pourra être fondée que sur le kitsch.»
Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être

« – C’est toujours aussi laid, aussi kitsch, mais j’imagine qu’on peut s’habituer à cette laideur, à cette absence de goût. »
François Désalliers, Un été en banlieue

 

SÉRENDIPITÉ

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DÉFINITION(S)

Sérendipité [seʀɑ̃dipite] n. fém. – ETYM. de l’anglais serendipity, créé d’après le titre d’un conte persan

Capacité, aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité (scientifique, pratique).

ORIGINE

Origine anglaise, terme lexicalisé en 1953, noté comme anglicisme par le Petit Robert 2013

CITATIONS FRANÇAISES

« La sérendipité est un puissant gisement d’imagination, de création et de poésie : de quels charmes ou pouvoirs particuliers la notion est-elle donc dotée pour exercer une telle fascination ? »

Marie-Anne Paveau, Ce lumineux objet du désir épistémique

« En effet, l’hypertexte est propice à la sérendipité, à la découverte fortuite d’expériences inattendues, mais heureuses. »

Henri Kaufman, Tout savoir sur… La sérendipité

 

WIKI

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DÉFINITION(S)

Wiki [wiki] n. m. – ÉTYM. 2003, mot anglais américain, abréviation de WikiWikiWeb, nom du site créé par W. Cunningham en 1995, de l’hawaïen wiki wiki « vite »

Site web collaboratif dont le contenu peut être librement modifié par les visiteurs autorisés. Le développement des wikis. APPOS. Site, encyclopédie wiki.

ORIGINE

Origine hawaïenne, terme emprunté par l’intermédiaire de l’anglais, lexicalisé en 2003

CITATIONS FRANÇAISES

« Les wikis reposent sur une conception non individualiste de la connaissance. Il ne s’agit pas de revendiquer la propriété d’un contenu, mais de contribuer à une aventure collective. »

Jérôme Delacroix, Les Wikis

 

ZÉNITUDE

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DÉFINITION(S)

Zénitude [zenityd] n. fém. – ÉTYM. 2000, de zen

PLAIS. État de sérénité. « Place au yoga, à la zénitude et aux produits bio » (Le Figaro, 2009).

ORIGINE

De zen, origine japonaise, terme lexicalisé en 2000

CITATIONS FRANÇAISES

« Le zen est une forme très dépouillée du bouddhisme qui tend à donner à l’homme une parfaite maîtrise de son esprit et de son corps par un détachement quiétiste. »

Simone de Beauvoir, Tout compte fait

« Toutefois, si un jour, au fil de votre parcours, vous sentez le besoin d’un peu de zénitude, j’espère de tout cœur que vous trouverez l’outil qui saura vous y conduire. »

Nicole Bordeleau, Zénitude et double espresso

 

La thématique et les dix mots

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